Facebook
Twitter
Mobile
Chateaubriant Actualités, Le Site d'Informations de Châteaubriant

Agnès Desarthe, à votre rencontre-Médiathèque de Châteaubriant


Rédigé par Alain Moreau le Mardi 13 Juin 2006 à 04:19 |

Agnès Desarthe, à votre rencontre-Médiathèque de Châteaubriant
Agnès Desarthe écrit des romans, des livres pour les enfants, du théâtre, traduit des romans de l’anglais au français et écrit des chansons. Aujourd’hui en collaboration avec Geneviève Brisac, parait son essai sur Virginia Woolf, V.W ou le mélange des genres (Ed l’Olivier).

Agnès a commencé à écrire dès qu‘elle a su tenir un crayon. Elle écrivait car elle s’ennuyait et qu’elle préférait de toutes façons s’exprimer par le biais de l’écriture plutôt que par celui de la parole (elle était déjà timide). L’écriture était et est son lien social. Ecrire lui permettait d’avoir des amis car en leur montrant ce qu’elle écrivait, on s’intéressait à elle. Par contre avant dix-sept ans Agnès n’avait rien lu. C’est un professeur de Khâgne qui lui a appris « à lire » et depuis ce moment, elle lit énormément. Après ses études à Normal Sup, l’écriture qu’il lui avait échappé (on devine qu’elle lisait trop) lui revient.

Agnès Desarthe, à votre rencontre-Médiathèque de Châteaubriant
En 1989, elle rencontre Yvon Girard de chez Gallimard qui la dirige vers Geneviève Brisac à l’école des Loisirs. Geneviève lui donne du travail en tant que traductrice à l’Ecole des Loisirs (livres pour enfants) et lui fait traduire Lois Lowry (la célèbre Anastasia).
Mais très vite Geneviève la pousse à écrire, lui donne des conseils ainsi que la direction dans laquelle travailler. Et son premier livre pour enfant sort en 1991 « je ne t‘aime pas Paulus » (j’ai lu et j’adore, une suite arrive…).
Plus tard elle écrit en 1993 son premier roman publié aux éditions l’Olivier « Quelques minutes de bonheur absolu ». Depuis elle est fidèle à ses deux éditeurs. Elle s’y sent bien et en accord avec ce que ces maisons d’éditions publient. En 1996, Agnès reçoit le Prix Inter pour "Un secret sans importance".
Elle traduit beaucoup (Emma Richler, Elena Lappin, Chaim Potok…). Elle aime le métier de traducteur qui est à l’écriture ce que l’entraînement est au sport. Quand on traduit, « on a l’impression de connaître la personne dans un rapport d’amitié ». Mais c ‘est aussi « une plongée dans l’inconscient de la personne afin de donner l’impression de fluidité dans le rendu ».

V.W ou le mélange des genres (Ed l’Olivier) est pour Agnès le premier essai publié mais ce n’est pas la première fois qu’elle a une pensée appliquée. Geneviève Brisac a déjà écrit deux essais, "Loin du Paradis » (Ed de L'Olivier) sur Flannery O’Connor et "La Marche du cavalier" (Ed de L'Olivier) métaphore pour parler de l’écriture féminine. Elle est récompensé, en 1996, par le prix Femina pour son livre « Week-End de chasse à la mère ». Elle collabore au journal Le Monde et s’occupe d’une émission littéraire sur France Culture.

Et c’est justement à France Culture que commence l’histoire de cet essai. Il y a cinq ans, Geneviève invite Agnès pour parler de Virginia Woolf. Agnès travaille sur la métaphore du crocus, ce qui plait à Geneviève. De son coté, Agnès aime la façon dont Geneviève aborde Virginia Woolf. Elles ont une manière de lire complémentaire. Elles continuent de parler de Virgina Woolf régulièrement. Plus tard Agnès et Geneviève, préparent une autre émission qui est passé en août 2003 toujours sur France Culture. Mais quand arrive l’émission, elles avaient trop travailler, elles avaient trop à dire. Elles avaient l’impression d’avoir à peine entamé leur sujet. Et donc fin août 2003 après avoir reçu de nombreux compliments des auditeurs et parce qu’elles avaient encore des choses à dire, elles décident d'en faire un essai.

Agnès a toujours su que Virginia Woolf était importante. Comme si elle savait qu’elle était là pas très loin d’elle. Agnès a été frappée par son rapport à la vision; une manière incroyable de manier la langue qui permet de « voir » une magnifique image comme un tableau.

Cet essai est un chemin de lecture pour des gens ou ne connaissent pas Virginia Woolf , qui ont envie de la redécouvrir, ou qui ont trouvé sa lecture trop difficile (j’en fait partie). Quand quelque chose est difficile on ne pense pas que c’est drôle et pourtant il y a beaucoup d’humour et de drôleries dans ses livres. L'essai cherche à la rendre familière et accessible et de la dépouiller d’un tas d’images négatives.

Aujourd’hui Agnès continue à écrire et traduire (pour les grands et les petits). Elle est membre d’un jury pour le prix littéraire IMPAC décerné par la ville de Dublin en Irlande (doté de cent milles euros !!!). Vous pourrez assister en janvier à sa pièce la baignoire et les deux chaises au théâtre du Rond-Point

Et lorsqu’elle n’écrit pas, elle jardine (certainement bien), elle cuisine (merveilleusement bien) et elle lit les autres écrivains. Accessoirement elle boit aussi des cafés.