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Ariane Moffat, Nort sur Erdre, Vendredi 4 Décembre


Rédigé par Châteaubriant Actualités http://www.paysdechateaubriant.fr le Vendredi 4 Décembre 2009 à 07:32 |

Ariane Moffat se produit à l'espace culturel Cap Nort, à Nort sur erdre, vendredi 4 Décembre 2009, à 20h30


Ariane Moffat, Nort sur Erdre, Vendredi 4 Décembre
Voici une fille aux semelles de groove. Née dans le jazz parce qu’il fallait bien s’inventer un langage musical, apprendre les secrets telluriques de l’harmonie et trouver sa voix dans les chemins escarpés du chant lyrique, Ariane Moffatt a suivi l’apprentissage de la musique à l'Université du Québec à Montréal. De fait, Ariane Moffatt ressemble à Montréal. Urbaine, électrique, libre, verticale et horizontale, de feu et de glace. Ariane est une ville. Ariane est cette métropole où l’amour traqué respire à chaque coin de rue.
« Tous Les Sens » 29 ans, trois albums et une science de l’harmonie, fil conducteur de l’inspiration artistique d’Ariane Moffatt. Ce prénom lui va donc si bien. Le fil d’Ariane est la somme de toutes ses chansons tressées en chapelet qui inventent une musique en perpétuel équilibre. Entre pop et électro. Entre indie et mainstream. Ariane invente sa propre voie, ni autoroute ni chemin de traverse. Tout le charme irrésistible de cette fille réside dans cette façon de se présenter divisée sans être pour autant fracturée. Car pour elle l’important est le chemin et non la destination.

Chercheuse, exploratrice, Ariane Moffatt revient poser ses valises en France pour nous proposer son troisième album « Tous les sens », auréolé au Québec de trois Félix, l’équivalent de nos Victoires de la musique. Elle revient irradiée d’une lumière de l’été indien. Un soleil couleur d’orange brille sur ses sillons. Ariane Moffatt a tourné le dos à l’introspection vitale de ses deux premiers disques. La voici physique, prenant toutes ses chansons à bras-le-corps, avec le besoin de créer dans une sorte de frénésie mentale. Elle réalise que sa vie n’est pas seulement un paquet de tourments nécessaires à la création. L’aquanaute est sortie de l’eau, le coeur dans la tête est revenu à sa juste place. L’album a été créé dans un shoot d’oxygène. Et à l’écoute le plaisir est jubilatoire.


Une sorte de voyage cinématographique en 12 plages qui signe le retour d’Ariane dans la ville après une longue immersion dans son igloo du Grand Nord, qui offrit à la fille de glace des chansons boréales. Place au désir des sens. Ariane est lucide. Elle est « la fille de l’iceberg ». Une fille qui fait fondre les glaces, une sorte de réchauffement climatique bénéfique pour les oreilles et sans danger pour l’humanité toute entière. Il fallait sûrement commencer par cette chanson, synthèse de ce que furent ces deux premiers albums. Le passé est soldé. Ariane va jouer désormais. « Briser un coeur », sur un ton léger, le sourire en coin, Ariane s’excuse en fait de ne pas être à sa place et révèle là le côté obscur de sa force. Comme si Charlie Chaplin lui avait commandé une chanson d’amour pour une comédie musicale. Puis vient « Je veux tout », véritable credo en fanfare d’une fille profondément ancrée dans sa modernité. Remplir le vide, vouloir l’anarchie et la sagesse, Ariane Moffatt définit bien son insatiable besoin de funambulisme. Comme si elle transcendait tout à coup John Barry, elle emporte sa chanson dans une sorte de chasse à courre irrésistiblement glam.

Puis Ariane se fait tout à coup interprète et chante « Tes invectives », une chanson écrite et composée par son complice Franck Dewaere, sorte de Gainsbarre québécois qui ressuscite le beau Serge en terre froide et transforme Ariane en muse de l’air.

Reprise au galop avec le joyau de l’album où le chant de la sirène Ariane se libère. « L’équilibre » est un peu toute l’histoire de ce disque. Rumeur sourde de la ville, rythme cardiaque soutenu, des pleins et des déliés harmoniques, des cordes à bout de souffle, Ariane Moffatt a bien gardé sa raison d’être dans cette chanson à obstacles. Essoufflée, elle reprend sa respiration sur « Eternel instant présent » et montre sur cette ballade ensommeillée qu’elle est capable de s’abandonner dans l’amour sans le poursuivre désespérément. Plaisir du contraste, Ariane s’amuse à s’immerger dans la folie spontanée des sixties. Comme si elle cherchait à produire Lily Allen dans un studio de la Motown. Ariane Moffatt inspirée par ses déambulations parisiennes sous un « réverbère » réalise que la solitude n’est plus un ennemi et s’identifie à un petit robot en mission pour la planète des mangas née dans les yéyés par accident. Ariane ose, Ariane s’amuse. Ariane accélère le rythme. Comme dans un petit intermède électro, avant-propos au tribal « Tous les sens », chanson animale et abrasive. Comme si Aphex Twin avait rencontré Beth Gibbons, Jean-Phi Concaveles, petit gars d’Angoulême exilé à Montréal, a participé à l’écriture de la chanson et s’est imposé comme le co-réalisateur naturel de cet album conçu comme un sprint olympique.

Ariane trouve sa vitesse de croisière avec le réjouissant « Jeudi 17 mai », pure chanson électronique née dans le zapping fou avec des titres de journaux où la bande de Gaza est toujours au bord de la crise de nerfs et où Sarko survit toujours à sa grande première. Voici revenir la fille de l’hémisphère nord en suspension dans un ciel d’été pour aller noyer ses yeux dans les « Perséides ». Cette allusion aux larmes de Saint Laurent, nom donné au phénomène de ces étoiles filantes qui s’effilochent en sable volant, offre à Ariane l’occasion de se lover dans une sorte de « power ballade », traversée par la fragilité d’une mise à nu avant de rejoindre son berceau imaginaire.

Il est temps d’éteindre la lumière, de rejoindre le creux chaud d’un corps avec des mots en guise de déclaration. « Hiver mile-end » clôture l’album ou borde le disque comme on borde un garçon dans un lit. Avec les sens éveillés dans tous les sens, le lit sera vite froissé.

Didier Varrod.

Discographie :

2002 Aquanaute :

un 1er album au confluent de l’électro-folk, du jazz et de la pop. Une entrée en matière étincelante, qui lui vaut succès critique et populaire. On y trouve entre autres «Point de mire», «Fracture du crâne» ou «Poussière d’ange», autant de titres qui allaient marquer profondément la chanson québécoise. Écoulé à plus de 120 000 exemplaires (Platine), Aquanaute récoltera trois Félix en 2003: Révélation de l’année, Album Pop-Rock de l’année et Réalisation musicale de l’année.

2005 « Le coeur dans la tête » :

le 2ème album confirme une artiste décidément audacieuse sur le plan musical et très proche de l'autobiographie sur le plan des textes : «Combustion lente», «Montréal», «Will You Follow Me», mais aussi «Imparfait», splendide reprise d’un titre marquant de Daniel Bélanger. Enregistré à différents endroits, tantôt en ville, tantôt en campagne, le disque sera qualifié de rhythm&groove, voire de «groove&grunge», tant le propos cru est couplé à des sons parfois tranchants. L’album est certifié OR au Québec.

2005 « Ariane Moffatt à la Station C » :

DVD live vendu à 10 000 exemplaires au Québec, certifié Platine.

AVRIL 2008 « Tous les sens »:

Sortie au Québec . Déjà certifié OR, avec plus de 70 000 exemplaires venus au Québec

MAI 2009 : « Tous les sens »

Sortie France, Suisse, Belgique.

Récompenses :

Ariane a remporté un total de 11 Félix (équivalent de nos victoires de la musique) avec ses trois albums.

A noter : « Je veux tout » Félix de la chanson de l'année en 2008.



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