Par Alexandra TURCAT
Gérard Bergaglia, qui aura 60 ans le 10 janvier, a de quoi être fier. Son entreprise de 35 salariés continue à fabriquer à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) quelque 5.000 baby-foot par an.
Sur les 5 fabriquants restant en France, il est le seul sélectionné pour fournir un quart des tables de la coupe du monde. Les siennes, en forme de coque de bateau en bois, beige et rouge, se distinguent facilement de celles des trois fabriquants étrangers de la compétitition dont les tables, toutes similaires, sont des caisses métalliques sur pied.
Pourtant, son marché d'origine, les cafés, est en voie de disparition: au nombre de 250.000 quand les premiers baby-foot Bonzini sont sortis de l'usine familiale en 1953, ils n'étaient déjà plus que 50.000 quand M. Bergaglia a repris les rênes des mains de son père en 1990.
"Il fallait réagir, c'était la première guerre du golfe, la crise accentuait la chute du marché: j'ai décidé de publier une publicité dans le Figaro Magazine, loin de la cible habituelle et ils ont eu un raz-de-marée de demandes d'information: tous les lycéens qui avaient mis leur pièce dans le +baby+ quinze, vingt ans auparavant, devenus pères de famille, voulaient retrouver leur table", explique le chef d'entreprise.
En dépit du prix important, près de 1.500 euros pour un particulier, les ventes se maintiennent avec l'entrée du baby-foot dans les familles, puis, vers la fin des années 90, repartent à la hausse avec la sortie de très nombreux nouveaux modèles.
A l'occasion de la Coupe du Monde de football en France en 1998, il produit des baby-foot géants permettant de jouer à onze contre onze. Les entreprises s'en emparent, comme Lacoste ou Perrier: les "baby" à leurs couleurs deviennent un support de communication lors des grands événements.
Douze ans plus tard, les relents de cigarettes froides et d'alcool qui flottaient sur les "baby" des années 50 à 80, sont bien loin quand le chicissime champagne Veuve Cliquot drape de jaune, avec son blason, une dizaine de Bonzini de 3 mètres pour les installer dans ses succursales du monde entier. Idem quand le célèbre designer Philippe Starck choisit d'en faire - en version 3 mètres aux couleurs d'origine, l'ornement incontournable du bar de son hôtel "Mama Shelter" à Paris.
Star du stand Bonzini à la Coupe du Monde de Nantes, la version laquée noire et chromée, brillante comme un piano, fait rêver les joueurs les plus blasés. Elle existe aussi gainée de cuir, imaginée par les designers de mobilier contemporain Domeau et Pérès.
En 2009, une jeune artiste, Chloe Ruchon, en a même fait une oeuvre d'art contemporain en inventant, en accord avec Bonzini et Mattel, un "Barbie Foot", avec, à la place des joueurs, de blondes poupées Barbies en mini-robes. Elle a exposé à Berlin, Paris, Londres et New-York.
Fiers du contraste, Gérard Bergaglia et sa fille Ingrid, entrée elle aussi dans l'entreprise, soulignent qu'ils servent aussi des associations comme le Secours Populaire ou Emmaüs, manière de montrer que les racines populaires de la marque n'ont pas fondu dans la branchitude.
En 2011, Bonzini a réalisé un chiffre d'affaires de 5,8 millions d'euros en progression de 8% malgré la crise. Les particuliers représentent 40% de la clientèle, les collectivités 30%, les cafés 20% et les entreprises 10%. Bonzini exporte 30% de sa production et vend même en Chine.
AFP
Gérard Bergaglia, qui aura 60 ans le 10 janvier, a de quoi être fier. Son entreprise de 35 salariés continue à fabriquer à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) quelque 5.000 baby-foot par an.
Sur les 5 fabriquants restant en France, il est le seul sélectionné pour fournir un quart des tables de la coupe du monde. Les siennes, en forme de coque de bateau en bois, beige et rouge, se distinguent facilement de celles des trois fabriquants étrangers de la compétitition dont les tables, toutes similaires, sont des caisses métalliques sur pied.
Pourtant, son marché d'origine, les cafés, est en voie de disparition: au nombre de 250.000 quand les premiers baby-foot Bonzini sont sortis de l'usine familiale en 1953, ils n'étaient déjà plus que 50.000 quand M. Bergaglia a repris les rênes des mains de son père en 1990.
"Il fallait réagir, c'était la première guerre du golfe, la crise accentuait la chute du marché: j'ai décidé de publier une publicité dans le Figaro Magazine, loin de la cible habituelle et ils ont eu un raz-de-marée de demandes d'information: tous les lycéens qui avaient mis leur pièce dans le +baby+ quinze, vingt ans auparavant, devenus pères de famille, voulaient retrouver leur table", explique le chef d'entreprise.
En dépit du prix important, près de 1.500 euros pour un particulier, les ventes se maintiennent avec l'entrée du baby-foot dans les familles, puis, vers la fin des années 90, repartent à la hausse avec la sortie de très nombreux nouveaux modèles.
A l'occasion de la Coupe du Monde de football en France en 1998, il produit des baby-foot géants permettant de jouer à onze contre onze. Les entreprises s'en emparent, comme Lacoste ou Perrier: les "baby" à leurs couleurs deviennent un support de communication lors des grands événements.
Douze ans plus tard, les relents de cigarettes froides et d'alcool qui flottaient sur les "baby" des années 50 à 80, sont bien loin quand le chicissime champagne Veuve Cliquot drape de jaune, avec son blason, une dizaine de Bonzini de 3 mètres pour les installer dans ses succursales du monde entier. Idem quand le célèbre designer Philippe Starck choisit d'en faire - en version 3 mètres aux couleurs d'origine, l'ornement incontournable du bar de son hôtel "Mama Shelter" à Paris.
Star du stand Bonzini à la Coupe du Monde de Nantes, la version laquée noire et chromée, brillante comme un piano, fait rêver les joueurs les plus blasés. Elle existe aussi gainée de cuir, imaginée par les designers de mobilier contemporain Domeau et Pérès.
En 2009, une jeune artiste, Chloe Ruchon, en a même fait une oeuvre d'art contemporain en inventant, en accord avec Bonzini et Mattel, un "Barbie Foot", avec, à la place des joueurs, de blondes poupées Barbies en mini-robes. Elle a exposé à Berlin, Paris, Londres et New-York.
Fiers du contraste, Gérard Bergaglia et sa fille Ingrid, entrée elle aussi dans l'entreprise, soulignent qu'ils servent aussi des associations comme le Secours Populaire ou Emmaüs, manière de montrer que les racines populaires de la marque n'ont pas fondu dans la branchitude.
En 2011, Bonzini a réalisé un chiffre d'affaires de 5,8 millions d'euros en progression de 8% malgré la crise. Les particuliers représentent 40% de la clientèle, les collectivités 30%, les cafés 20% et les entreprises 10%. Bonzini exporte 30% de sa production et vend même en Chine.
AFP
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