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Coups durs pour Josse et Attanasio


Article publié par Châteaubriant Actualités le Mardi 6 Décembre 2016



Les concurrents du huitième Vendée Globe sont dans le dur. Les conditions sont exigeantes pour les hommes et les machines, les soucis techniques se multiplient. Certains sont plus graves que d'autres. Sébastien Josse déplore une avarie majeure sur le foil bâbord de son bateau. Suite à un choc avec un OFNI qui a endommagé ses deux safrans, Romain Attanasio se déroute vers Cape Town (Afrique du Sud) où il va tenter une réparation. Vingt-neuf jours après le départ des Sables d'Olonne, les leaders du Vendée Globe, eux, sont déjà au Sud de l'Australie. En franchissant le cap Leeuwin à 9h14 ce lundi, Armel Le Cléac'h a amélioré de plus de cinq jours et demi le précédent temps de référence détenu par François Gabart !
 
La flotte du Vendée Globe a beau être extrêmement étalée (plus de 5500 milles entre le premier et le dernier), les marins font tous face à des conditions météorologiques sollicitantes. Les hommes et les bateaux souffrent, la fatigue s'accumule et, malheureusement, les soucis techniques se multiplient. En début de journée, on a appris que Conrad Colman (Foresight Natural Energy) avait déploré un incendie à bord de son IMOCA60. Une situation cauchemardesque qui s'est bien terminée. Kito de Pavant s'est lui aussi fait une belle frayeur lorsque son Bastide Otio a violemment planté dans une vague, passant de 25 nœuds de vitesse à... 0 nœud ! Là encore, plus de peur que de mal. Les nouvelles sont en revanche moins bonnes pour Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) qui déplorent des avaries majeures mais pas rédhibitoires…
 
Foil bâbord endommagé pour Sébastien Josse
Il était 10h30 ce matin quand Sébastien Josse a contacté son équipe à terre pour faire part d'une mauvaise nouvelle : tandis qu'il naviguait dans un flux soutenu (30 à 35 nœuds) et sur une mer très formée, à 600 milles dans l'ouest de la longitude du cap Leeuwin, le bateau est parti en survitesse. Il s'en est suivi un gros planté qui a endommagé le haut du foil bâbord de l'IMOCA60 Edmond de Rothschild. Sébastien Josse, qui était à l'intérieur au moment de l'incident, a alors empanné pour naviguer sur son foil tribord et sécuriser l'appendice touché. Pour des raisons de sécurité, Josse met provisoirement la course entre parenthèses et établit actuellement avec son équipe les meilleures options pour laisser passer le gros de la tempête. Le skipper et son team réfléchissent aussi aux solutions possibles pour tenter de se remettre en mode course. Nous aurons plus d'informations dans les heures à venir. Affaire à suivre, donc…

Romain Attanasio se déroute vers Cape Town pour tenter une réparation
Ce lundi aux alentours de 12h30 (heure française), Romain Attanasio a heurté un OFNI (Objet Flottant Non Identifié). Ce choc a endommagé ses deux safrans. Romain se trouvait à environ 470 milles au sud de Cape Town. Romain raconte : « J'ai senti un énorme choc et vu des morceaux de safrans dans mon sillage. J'ai vite compris ce qu'il s'était passé. Je suis parti à l'abattée, le bateau s'est couché avec le gennaker à contre. J'ai pris mon temps pour redresser la situation. J'ai alors fait un état des lieux des dégâts. Le safran tribord est à moitié cassé, l'autre est beaucoup plus abîmé. Il n'y a pas d'autres soucis à bord : la barre bouge correctement. Il ne semble pas y avoir de problème dans la transmission. Mais il était hors de question de partir dans l'océan Indien dans ces conditions. Je fais donc route vers Cape Town où je devrais arriver mercredi matin. Je n'abandonne pas, je vais me débrouiller tout seul, sans assistance. » L'idée de Romain est de trouver une baie abritée, de réparer le safran endommagé et remplacer celui qui est complètement cassé (Romain a un safran de spare à bord). « Je suis passé par tous les sentiments aujourd'hui », raconte Romain. « Au moment du choc, j'étais abattu. Je m'imaginais en train d'annoncer à mon fils que je rentrais en avion. Mais le moral est meilleur maintenant. Je ne baisse pas les bras. Je vais perdre une semaine dans l'affaire mais cela n'est pas grave, l'aventure continue ! »

Armel Le Cléac'h imperturbable leader
Pendant ce temps, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) creuse l'écart sur le pourtant très accrocheur Alex Thomson (Hugo Boss), relégué à plus de 100 milles dans son tableau arrière. La grosse info de la journée, c'est qu'Armel a doublé la longitude du Cap Leeuwin, au Sud-Ouest de l'Australie à 9h14 (heure française) en un temps canon : 28 jours, 20 heures et 12 minutes. Le précédent temps de référence, établi il y a quatre ans par François Gabart, est pulvérisé de plus de 5 jours et 14 heures ! Cinq heures plus tard, à 14h30, Thomson a à son tour franchi le deuxième grand cap emblématique du Vendée Globe.

Les chiffres donnent le tournis : depuis le départ des Sables d'Olonne il y a 29 jours, les deux leaders alignent une vitesse moyenne de plus de 17 nœuds sur l'eau et le rythme va continuer à être élevé. Armel Le Cléac'h : « Nous sommes dans une phase de transition entre 2 dépressions, la prochaine qui arrive promet d'être musclée, le vent commence à rentrer et va arriver par derrière, ça va donc faire l'élastique au niveau du classement. La semaine va être assez agitée, on va aller de dépression en dépression. Le Sud de l'Australie est un passage compliqué avec du vent soutenu, de la mer forte, ça ne va pas être drôle... »

Les concurrents qui naviguent dans l'océan Indien touchent tous du vent fort et évoluent dans des conditions classiques des mers du Sud, où les dépressions se succèdent et se déplacent d'Ouest en Est, dans le même sens que les bateaux qui filent donc à bonne allure dans des vents portants. Et qui dit vitesse dit navigation exigeante. Marins et machines n'ont pas fini d'être sollicité, loin de là…
 

© Romain Attanasio #VendéeGlobe
© Romain Attanasio #VendéeGlobe
Les chiffres du jour
Armel Le Cléac'h a franchi la longitude du cap Leeuwin après 28 jours, 20 heures et 12 minutes de mer, avec 5 jours, 14 heures et 16 minutes sur le précédent temps de référence (François Gabart en 2012). Alex Thomson a passé le cap Leeuwin 5 heures et 16 minutes après Armel Le Cléac'h. L'avance du Britannique sur le temps de Gabart est donc de 5 jours et 9 heures.

Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) :
« C'est sympa de passer le deuxième cap en tête, qui plus est avec un bon chrono. Alex (Thomson) était premier à Bonne Espérance, je suis devant au cap Leeuwin, tant mieux ! Je ne sais pas ce qu'a eu Alex cette nuit mais il était moins rapide. Peut-être un petit souci à régler sur son bateau... De mon côté, j'essaye de faire avancer le bateau au mieux. Nous allons faire face à des conditions plus fortes dans les prochaines heures. J'aborderai le Pacifique dans une semaine mais la fin de l'Indien ne va pas être facile avec deux dépressions qui vont nous accompagner jusqu'en Nouvelle-Zélande. Nous verrons après à quelle sauce nous allons être mangés. »

Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) :
« En ce moment il y a 35 nœuds établis et je peux aller vite. Il y a des jolies vagues. Je vais passer dans le Nord des Kerguelen aujourd'hui. Cela fait du bien de retrouver un peu de terre. Mais en réalité nous restons seuls sur notre bateau... Les conditions sont difficiles en ce moment. Quand on part faire une manœuvre on est trempé jusqu'aux os. Je n'arrive pas à être sur le pont avec des gants donc j'ai vite froid aux mains. Ce matin, pour prendre un ris, je suis resté une heure et demie à deux heures sur le pont. A la fin j'étais rincé. Je n'avais qu'une envie : me reposer. Pour moi, c'est le moment de revenir dans le match. Après le retard cumulé au départ, l'objectif reste le même : terminer sur le podium. Yann (Eliès) est en ligne de mire ! »

Conrad Colman (Foresight Natural Energy) :
« Il y a eu le feu à bord de mon bateau ! Je suis rentré et j'ai vu des flammes et de la fumée noire. Cela a créé un court-circuit du pilote automatique et le bateau s'est couché. Cela a pris plusieurs heures pour redresser le bateau et rouler les voiles proprement, c'était assez sportif ! Actuellement, tout va bien à bord. J'ai bien récupéré physiquement et émotionnellement. Je ne me suis pas blessé, j'ai juste quelques bleus et des courbatures. Me voilà requinqué. Je suis content d'avoir passé Bonne Espérance. Je profite au maximum. La mer est bien formée donc je pars souvent en surf. Le bateau accélère parfois à 25 nœuds ! »

Les mots du large envoyés par les marins

Kito de Pavant (Bastide Otio) :
« La nuit dernière, le vent a fini par rentrer, fort, à 45 nœuds, d'un coup. Le bateau a accéléré puis est allé se planter dans l'énorme vague de devant. A l'intérieur, j'ai senti l'arrière du bateau monter puis le bateau s'est couché sur l'eau avec les voiles qui claquaient. Je suis sorti en catastrophe (sans ciré) mais impossible de redresser le bateau, tant les rafales étaient puissantes. On est restés là comme ça de longues minutes... Et puis le gennaker s'est déroulé, par le haut... Là j'ai vraiment pensé que j'allais à la catastrophe. Le temps de remettre de l'ordre et de reborder les voiles, le mal était fait. Le gennaker, que j'avais mis tant de temps à réparer est de nouveau en lambeaux et les bouts de tissus déchirés claquent au vent. A part le gennak, pas d'autres bobos visibles. Pas de lattes de GV cassées, etc. Je m'estime heureux. Et depuis, j'ai repris ma route chaotique vers le Sud-Est avec du vent moyen de 30 nœuds et une mer vraiment forte. Voilà une bonne entame pour la semaine qui démarre !

Romain ATTANASIO






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