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Drafters, Hip-Hop à St Mars la Jaille


Rédigé par Châteaubriant Actualités le Lundi 12 Mai 2014 à 23:06 |

Pour la dernière de la saison, l'Espace Paul Guimard à Saint-Mars la Jaille propose vendredi 16 mai à 20h30, Drafters, par la Cie Chute Libre. Du Hip-Hop de haute volée.


© Stéphane Tasse
© Stéphane Tasse
HIP HOP / Insaisissable
Soucieux de la création hip hop, qu’elle soit représentée en théâtre, dans la rue, ou tout autre lieu, Pierre Bolo entame un nouveau projet pour travailler une signature personnelle et porteuse de la culture dans laquelle il a grandi et muri.

Pour ce nouveau projet, Pierre souhaite mixer le passé et le présent de la danse hiphop, pour que le visage de ce qui a éduqué toute une génération de jeunes français d’ici ou d’ailleurs, croit en son avenir et ne s’effrite pas comme une vieille peinture. Autrement dit, qu’il s’agisse de la sensibilité, de la poésie d ‘une création chorégraphique ou de la technicité démonstrative du Show, l’idée est de réinterpréter la danse hiphop. Elle est aujourd’hui métissée, authentique, bling-bling ou intellectualisée, et ses différentes facettes ne doivent pas lui faire perdre son épiderme.

Le public, les journalistes, les études, certains professionnels du spectacle axent souvent leur regard sur les battles ou à contrario sur la danse contemporaine. Abstraite ou narrative, il est de fait que la fresque graffiti s’impose sans ambiguïté au regard du spectateur et l’on ne se demande pas si c’est hiphop ou contemporain.
Pourquoi y a t- il deux appréciations, deux considérations de la danse urbaine ?
La danse hiphop est elle encore singulière ?


Drafters : Les courants d’air

«Draft» : vient de l’anglais «draugh» qui signifie courant d’air.
Le «draft» est aussi un jet, et plus qu’un brouillon , il est une esquisse. «L’esquisse est l’oeuvre dans laquelle les peintres se livrent à tout le jeu de leur imagination pour marquer leurs intentions, l’ordre et le caractère.
Parce qu’elles contiennent ordinairement une franchise, une liberté, un feu, une hardiesse, des touches fortes et spirituelles, elles indiquent l’essentielle d’un travail et constituent communément une fougue que le tableau n’a pas…»
«Drafters», comme un crew, comme une personnification de ceux qui soufflent l’esquisse du mouvement, d’une composition, d’un univers.

«Les courants d’air sont pour moi comme la danse, des flows paradoxalement éphémères et éternels.
Ils peuvent être incarnés par les corps en mouvement qui créent, suggérent, ou sont marqueurs de dynamiques turbulentes. Ils sont l’esquisse, les lignes, ils sont le souffle, ils sont âmes.L’âme du mouvement, l’âme de la peinture, l’âme des gens.»

Pierre Bolo renoue des liens avec une création moins narrative.
Accompagné par Annabelle Loiseau, il cherche à créer un spectacle de corps insaisissables qui par nécessité et comme une autre vérité que celle des créations «théâtrales», propose une écriture purement dansée, intuitive, où le mouvement parfois plus instinctif ne manque pas d’être sensé.

Le temps aussi est important. La pièce est construite de flux impétueux, révoltés, qui contrastent et renforcent les moments d’ immobilité. 
Les corps et les danses sont des marqueurs de la fluctuation de l’air, ils stagnent, tourbillonnent, disparaissent discrètement pour revenir violemment comme une bourrasque. 
Les huit danseurs sont vêtus de capuches et installent un mystère. Fantômatiques, ces pirates font du plateau un monde interlope. Ils font apparaitre et disparaitre leur visage, leur corps, leur identité dansée. Ils se rendent insaisissables et gérent un trafic du rythme en étant absents de la scène, présents dans le public, et vice versa. La combinaison des ensembles et des solos s’organise aussi rapidement qu’elle se déconstruit, comme le témoin d’une génération mobile.. Au fur et à mesure le spectateur discerne l’empreinte de chaque interprète, de celle du groupe, qui grâce à une gestuelle vive, qui ne cesse de jongler entre l’attente et la stupeur.

Pierre Bolo nous souffle une force de troupe et une subtilité dans chaque individu. Chacun renverse la vapeur pour surprendre de sa violence personnelle, formant une armée de la délicatesse. Surprendre ; soi-même, surprendre les interprètes, surprendre la création hip hop en la déconstruisant, et la reconstruisant, surprendre le public comme un courant d’air en pleine nuque, le faire frissonner en étant autant proche de lui que sur la scène, en claquant les portes d’entrées et de sorties, en envahissant l’espace d’ assault et disparaissant de suite.CDA Créations Pages 02

Une chorégraphie et un esprit assurément hip hop qui flirte avec une valorisation de ces codes ( techniques, stylistique, musiques…) pour en faire des outils d’écriture, de signature, crédibles et sensibles, gardant en main l’ouverture, la maturité et l’émancipation acquises sur les plateaux.

Aujourd’hui, on ne sait plus où aller, où donner de la tête. L’art a de nombreux visages , la politique et la citoyenneté sont effacées par l’économie qui disparait pour certain et afflux pour d’autres. Entre l’abondance et le vide, la violence et les caresses, l’ individu et la communauté, les courants d’air est un sujet d’autant plus insaisissable que notre époque.

Le décor zéro
 
La scénographie du spectacle sera défini par chaque lieu : L’espace, l’architecture, les ouvertures, la place du public. Ils seront aussi les outils de la mise en scène. «Les courants d’air» circulent autour et à l’intérieur de la scène, ils investissent l’espace global y compris celui du public. Les cotés cour et jardin seront dénués de pendrillons, le plateau, avec ou sans tapis de danse selon les possibilités du lieu d’ accueil, sera mise à nu et re-appropriée par une lumière conceptualisée pour la chorégraphie. L’atmosphère du lieu sera en corrélation avec l’univers du spectacle.

La création a pour but de pouvoir se jouer dans différentes situations et s’y adapter. Des lieux in comme le théâtre, les chapiteaux, halls, hangars et scènes diverses ou out comme une rue, une place, ou un parking. Une adaptation qui signifie pouvoir jouer dans des conditions techniques moindres mais cela implique dans tous les cas un réel temps de travail en amont pour s’approprier l’espace proposé. Suivant les conditions, le danger est que la chorégraphie perde en qualité et que l’univers se défasse de son sens. Même si il n’y a pas de décor, que le plan lumière est simple à mettre en place, le montage n’est pas technique mais pour ainsi dire « corporel ».

- Mise en scène et chorégraphie : Pierre Bolo Chorégraphe associée : Annabelle Loiseau
Danseurs interprètes : Jérémi Coin, Nicolas Majou, Hichem Serir Abdallah, Grichka Caruge, Salem Mouhajir, Alex Rotha Tuy, Annabelle Loiseau, Pierre Bolo
Lumière : Nicolas Tallec Costumes : Annabelle Loiseau et Richard Cousseau
Musique créer et arrangée par : Yvan Talbot Crédits photos : Stéphane Tasse

Production : Cie Chute Libre Diffusion : V.I.A. (Virus d’Intérêt Artistique)
Co-production et soutien :
Ministère de la culture, DRAC Pays de la Loire – Région des Pays de la Loire – Département de Loire Atlantique – Ville de Nantes – La Fabrique Dervallières – Parc de la Villette – WIP La Villette – Centre Chorégraphique National de La Rochelle, Kader Attou / Cie Accrorap – Centre Chorégraphique National du Nord Pas de Calais / Carolyn Carlson – Centre Chorégraphique National de Créteil et Val de Marnes, Mourad Merzouki / Compagnie Käfig – CNDC Châteauvallon – Musique et Danse en Loire Atlantique – Centre Culturel de Segré – Pays Segréen – Villages en Scène – Trente Production – Le Champilambart, Espace Culturel de Vallet – Spedidam
Remerciements : Olivier Lehuault – Philippe Chamaux – David Bobee – Nicole Gautier – Sonia Soulas – Christian Tamet – Aurore Chevalier – Chloé Lenôtre – Etienne Bonduelle – Bandy



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