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Égalité professionnelle femmes - hommes dans les Pays de la Loire : état des lieux


Article publié par Insee Pays de la Loire le Vendredi 4 Avril 2014



© F.O
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Dans les Pays de la Loire comme en France, l’égalité entre les femmes et les hommes progresse, même si la convergence de leurs situations est lente. En 2010, les femmes de la région salariées du privé et semi-public perçoivent un salaire annuel net moyen inférieur de 28,4 % à celui des hommes, contre 26,9 % pour la France de province. À situation d’emploi comparable, un écart de 12,5 % reste non expliqué. Aujourd’hui, avec des résultats scolaires meilleurs pour les femmes, les niveaux de formation des femmes et des hommes se rejoignent. Toutefois, les parcours d’orientation diffèrent selon le sexe.
Les femmes s’insèrent plus difficilement sur le marché du travail et se concentrent dans quelques secteurs d’activité sur des métiers plus précaires et moins rémunérés. Par ailleurs, elles n’ont pas accès aux mêmes niveaux de responsabilités que les hommes. Ces inégalités cumulées tout au long de la carrière influent sur le niveau de leur retraite. L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes passe par une meilleure articulation entre temps professionnels et privés.

Des écarts de salaire élevés
L’écart de rémunération est l’un des principaux marqueurs des inégalités professionnelles entre femmes et hommes.
Dans les Pays de la Loire en 2010, les femmes salariées du privé et semi-public perçoivent un salaire annuel net moyen inférieur de 28,4 % à celui des hommes, contre 26,9 % pour la France de province. Cet écart s’explique par un temps de travail réduit des femmes par rapport aux hommes, souvent lié à la fréquence des temps partiels féminins : quatre salariés à temps partiel sur cinq sont des femmes. La sous rémunération structurelle des fonctions majoritairement exercées par des femmes en explique une autre part.

Toutefois, dans la région, un écart de 12,5 % reste non expliqué par l’âge, les conditions d’emploi, le secteur d’activité, la catégorie socioprofessionnelle. Même si des facteurs liés à l’emploi interfèrent sur ce constat, celui ci peut également être le reflet de discriminations directes liées au sexe.

Des parcours d’orientation sexués
Femmes et hommes suivent des parcours d’orientation distincts et font des choix différents à chaque étape de leur orientation. Malgré leur haut niveau de formation et une meilleure réussite scolaire, les jeunes femmes s’insèrent avec plus de difficultés sur le marché du travail. Si les filles sortent plus diplômées du système éducatif, elles semblent se diriger, à niveau de diplôme équivalent, dans des filières moins porteuses sur le marché du travail.

Une lente convergence des comportements d’activité
Le taux d’emploi des femmes de 25 à 54 ans a progressé de 14 points entre 1990 et 2010 quand il a reculé de 2 points pour les hommes dans le même temps. Cette forte progression est à relativiser par les taux élevés de temps partiels féminins. La région des Pays de la Loire est même la 1re région de France sur ce critère : une femme ligérienne sur trois travaille à temps partiel. L’inégale distribution du temps partiel (il ne concerne que 6,5 % des hommes), qui détermine une part importante des écarts de rémunération entre les sexes, affecte également les types de postes occupés, les déroulés de carrière et à terme les niveaux de retraite.

Un marché du travail clivé et une sous-rémunération structurelle des métiers féminisés
La ségrégation sur le marché du travail est d’abord horizontale, les femmes et les hommes ne travaillant pas dans les mêmes secteurs : par exemple, les femmes sont majoritaires dans les soins de santé quand les hommes le sont dans la production industrielle. L’activité féminine est d’ailleurs plus concentrée que l’activité masculine : plus de 80 % de l’emploi féminin des Pays de la Loire est concentré sur une dizaine de professions, contre seulement deux tiers pour les hommes.

Les métiers dits féminins sont, pour des raisons historiques et sociologiques, liés à la répartition stéréotypée des rôles au sein des ménages, moins valorisés et moins rémunérés que les métiers dits masculins. La ségrégation horizontale entraîne donc une sous-rémunération structurelle des femmes : c’est une des principales causes d’inégalités.

Des positions hiérarchiques moins élevées pour les femmes
À la ségrégation horizontale, s’ajoute un phénomène de ségrégation verticale : les femmes occupent en moyenne des positions hiérarchiques moins élevées que les hommes, à l’intérieur d’une même branche et d’une même entreprise. En France, par exemple, dans les emplois d'encadrement dirigeant de la fonction publique d'État, la part des femmes atteint 25 % en 2010 (21 % en 2004), bien moins que parmi les cadres supérieurs (39 %) et surtout que parmi les cadres (60 %, y compris les enseignants).

Articuler temps professionnels et privés : le congé parental au cœur du problème
La situation familiale, plus particulièrement le nombre d’enfants, influence la présence des femmes sur le marché du travail. En effet, le taux d’emploi décroît à partir du troisième enfant et plus les enfants sont jeunes, plus cette sensibilité à la présence et au nombre d’enfants s’accroît.
Par ailleurs, les écarts de temps passé aux activités domestiques et professionnelles sont eux aussi fortement liés au nombre d’enfants de la famille : plus le ménage compte d’enfants, plus le partage des tâches entre femme et homme est inégal. Or les Pays de la Loire, région la plus féconde de France métropolitaine, comptent plus de familles nombreuses que les autres : une famille sur cinq ayant au moins un enfant de moins de 25 ans (20,4 %) compte trois enfants ou plus, contre 18,3 % en France métropolitaine.

Cette inégalité des femmes vis-à-vis des hommes, concernant le difficile équilibre entre temps professionnels et privés, pénalise les femmes qui ont dès lors moins de temps à consacrer au travail, aux études ou à la formation. Ainsi, le congé parental partagé et les modes de garde des jeunes enfants semblent être des leviers déterminants pour favoriser l’égalité professionnelle.

Les femmes retraitées pénalisées par des carrières en pointillés
À l’issue de leur carrière, les femmes touchent une retraite nettement inférieure à celle des hommes en lien avec l’accumulation des difficultés rencontrées tout au long de leur parcours professionnel : moins bonne rémunération des emplois, inégale répartition du temps partiel, périodes de chômage, interruption d’activité temporaire pour congés parentaux…

Ainsi, la durée moyenne d’assurance des femmes retraitées était de 137 trimestres dans la région en 2008 contre 166 trimestres pour les hommes. L’écart entre les pensions moyennes des femmes et des hommes est de 36 % : 1 070 euros par mois pour les femmes contre 1 680 euros par mois pour les hommes. Les écarts tendent à se réduire en raison notamment de la hausse du taux d’activité féminin. Cependant, les Pays de la Loire sont la 5e région où l’écart de retraite mensuelle moyenne perçue entre les femmes et les hommes est le plus important.

Si l’on considérait le seul avantage principal de droit direct, la moyenne des pensions féminines en Pays de la Loire s’élèverait à 790 euros par mois en 2008, deux fois moins que la moyenne des pensions masculines (1 580 euros). Les pensions de réversion et avantages vieillesse comblent une partie de ces écarts au bénéfice des femmes.




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