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Florian Duval accroche ses toiles au Bouchonet


Rédigé par Adrien Pellet le Jeudi 9 Octobre 2014 à 14:52 |

Ce qui est sûr, c'est que Florian Duval ne laisse pas indifférent. Et ses peintures encore moins. Certains le trouveront fantasque et prétentieux, d'autres y verront un artiste prometteur à l'imagination débordante. Mais, comme le disait un de ses maîtres, Salvadore Dali : « L'unique chose dont le monde n'aura jamais assez est l'exagération »


Autoportrait de Florian Duval
Autoportrait de Florian Duval
Entretien avec le jeune peintre qui expose à Châteaubriant jusqu'à la mi-novembre.. Rencontre ce Samedi 11 octobre 2014 à Châteaubriant, au Bar le Bouchonet, face au château.

Florian Duval, pouvez-vous vous présenter ?

Pour me présenter rapidement, j'ai 32 ans, je vis à Nantes et travaille actuellement pour un transporteur international puisque je ne vis pas encore de ma peinture. Dessinant de manière forcenée depuis la jeune enfance, je suis rentré à l'école d'art d'Annecy à l'âge de 19 ans et m'en suis fait exclure 2 ans plus tard probablement à cause d'un goût trop prononcé pour la peinture figurative qui n'est réellement plus à la mode dans la plus part des écoles des beaux-arts. Loin de m'être laissé décourager, j'ai continué ma peinture avec les mêmes intuitions que j'avais eues plus jeune jusqu'à ce jour (avec des hauts et des bas bien sûr). Ayant aujourd'hui assez de toiles, j'ai accumulé une quantité de travail que j'estime suffisante, je me lance dans des expositions pour divers lieux désirant recevoir mes tableaux. Le Bouchonet à Châteaubriant est le deuxième lieu où mon travail sera accroché depuis la rentrée ; trois au moins suivront dans les mois qui viennent.

Quelles sont vos inspirations artistiques ? Vos influences ?

Mes influences sont nombreuses et il me serait difficile de toutes les citer. Il faut dire qu'elles embrassent toutes les périodes de la peinture depuis Lascaux ; mais ce sont vraiment les 19è et 20è siècles qui m'ont le plus fascinés. Pour citer des noms : Ingres est le premier qui me vient, sa puissance picturale et son audace sont inimitables ; Bouguereau, que j'ai découvert plus tard m'a lui aussi bluffé pour son rendu, son réalisme et son traitement de la lumière ; Picasso, bien évidement, dont on voit qu'il fût influencé par Ingres et qui osa toutes les lignes, toutes les courbes et toutes les " sorties de piste " ; certains surréalistes, je pense surtout à Dali et Magritte qui par d'improbables associations d'idées donnèrent à la peinture une nouvelle manière de faire sens ; et enfin les hyper-réalistes comme Jean Olivier Hucleux dont certaines œuvres m'ont données l'impression de renvoyer la photographie à l'âge de pierre et de ré-asseoir la peinture sur le trône de la reine des images.

Quels sont vos techniques pour peindre ?

Mes techniques sont nombreuses mais dépendent surtout du médium avec lequel je travaille. J'utilise beaucoup des outils que l'on trouve dans les magasins de fournitures de beaux-arts : huile et acrylique en peinture, petites brosses et pinceaux fins, je peins par contre presque toujours par couches en respectant les traits d'un dessin à la mine de plomb que j'exécute directement sur la toile avant de poser le moindre coup de pinceau ; pour mes dessins, tout y passe, mine de plomb, crayons de couleur, fusains, pastels (avec une légère préférence pour le sec) et surtout stylo à bille, le 4 couleurs étant de loin mon préféré ... Mais dans la grande majorité des cas c'est le travail préalable sur lequel repose l'essentiel de mon mode opératoire plus que sur l'outillage. Je n'ai jamais vraiment d'idée avant de commencer une peinture ou un dessin, je dirais plutôt que j'ai un flash, une vision ; de là je prends un papier et un crayon (peu m'importe lequel) et je dessine ce dont je me souviens. C'est à partir de ce premier dessin (appelons-le plutôt brouillon) que me viennent des idées. Il m'en réclame un autre pour mieux organiser, mieux structurer, donner plus de sens, plus d'émotions ; puis encore un autre brouillon et encore un... ainsi de suite jusqu'à ce que tout soit là pour que j'exécute le vrai tableau et c'est souvent à ce moment, quand les brouillons sont terminés que je sais si je travaillerai à la peinture, au pastel ou au stylo bille 4 couleurs. J'aime à dire que le tableau se construit tout seul et que c'est lui qui est intelligent, pas moi ; à la fin, il n'a besoin que de ma main, il s'est déjà pensé par lui-même.

Florian Duval accroche ses toiles au Bouchonet

Pouvez-vous nous parler de vos œuvres que vous exposez au Bouchonet ?

Pour l'accrochage au Bouchonet, je présenterai essentiellement trois petites séries de trois tableaux chacune ainsi que divers travaux à regarder plus indépendamment des autres (même si des liens existent toujours). La première, une série de trois peintures de formats identiques qui traite du sujet de la femme vue par l'homme ou plutôt de l'effet de la femme sur l'homme, perçu par lui-même ; sans traiter ce vaste sujet de manière exhaustive mais par des approches particulières comme des exemples qui voudraient prouver une équation ou un théorème. Ces tableaux ont un style assez surréaliste qui soulève justement l’onirisme par lequel l'homme se figure son rapport à la femme. La deuxième est un série d'autoportraits, tous réalisés selon des procédés différents (un seul est fait devant le miroir). Pour le plus épique, que j'appelle " Portrait autoportraitisé " j'ai fait appel à mon propre père, qui n'a presque aucune notion de dessin, pour qu'il me dessine à la mine de plomb sur un carton toilé alors que je posais devant lui ; je lui ai ensuite demandé de prendre une photo de moi tenant la même pose et j'ai retravaillé son dessin en respectant scrupuleusement tout les traits avec de la peinture à l'huile, prenant pour modèle la photo que mon père avait faite de moi. Une manière de s'affranchir du dessin que pourtant j'aime tant et de mettre en abyme. Le regard d'un autre sur moi. La troisième est une série de dessins à la mine de plomb sur du papier format A4. Tous sont des portraits de vieillards sans regard. Le but de ces dessins pour moi était de sculpter la feuille, donner une incroyable impression de relief par un modelé exagéré de toute les rides, donner l'illusion d'avoir gravé dans la feuille des visages sculptés par le temps.

Qu’est-ce qui vous a poussé à croire en votre art à un moment de votre vie ? Quels conseils donneriez-vous à un artiste en herbe qui désire se lancer, voire vivre de son art ?

Cette question est difficile. Pour croire en son art, il faut croire avoir répondu à une question qui n'a pas de mot. Mais les regards et les réactions des autres face à mes tableaux m'ont toujours donné l'envie d'en faire plus. Comme je dessine depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon dans les mains, mes parents m'ont incité très jeune à montrer mes dessins, j'ai donc rapidement compris que le dessin n'était pas qu'une affaire de plaisir personnel mais aussi une manière de transmettre des émotions, un savoir, un regard ; et j'ai donc voulu donner mon regard aux autres. Une anecdote marquante m'a permis de prendre une grande confiance dans ma démarche artistique ; c'était lors des épreuves du baccalauréat, durant l'oral de l'option art plastique. L'entretien avec les examinateurs se passe très mal pour moi, je savais que j'avais très mal répondu à un sujet et des contraintes qui me déplaisaient, mais j'avais tout de même essayé de glisser mes travaux personnels ( tout à fait hors sujet ) entre deux questions du jury. Quelques secondes après être sortie de la salle d'examen, l'une des examinatrices me rattrape dans le couloir en courant pour me dire " On ne va pas vous mettre la moyenne, mais n'arrêtez surtout jamais ce que vous faites ". ça m'a fait un bien fou qu'une professeure dépasse ses prérogatives pour me dire ça. Mon 9/20 valait alors toutes les mentions du monde.

Comme je l'ai déjà dis plus haut, je ne vis pas encore de mon art, je suis donc mal placé pour donner un conseil à qui que ce soit dans ce domaine, puisque je commence tout juste à vendre, mais il n'est pas nécessaire de vendre pour se sentir artiste et je crois que personne ne doit se laissé freiner par ça. Rappelons-nous que Van Gogh n'a vendu qu'une seule toile de son vivant et qu'aujourd'hui un seul de ses tableaux peu valoir plus cher qu'un yacht. Si je devais vraiment donner un conseil alors je le donnerais aux enfants qui dessinent : Ne perdez pas de temps à écouter ce que raconte le prof et dessinez pendant son cours. (rires !)

« Florian Duval accroche ses toiles au Bouchonet » .  Samedi 11 octobre 2014, à 19h,  au bar Le Bouchonet à Châteaubriant, Place des Terrasses (Face au Château).



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