Hollande à Hessel : " mon adversaire, c'est la finance, l'empire de l'argent "


Châteaubriant Actualités
Jeudi 19 Janvier 2012 - 21:22

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a déclaré jeudi que "(son) adversaire, c'est la finance, le pouvoir de l'argent qui s'est installé", lors d'un débat avec l'ancien résistant et diplomate Stéphane Hessel organisé par le Nouvel Observateur.




François Hollande, Stéphane Hessel, martine Aubry © AFP
François Hollande, Stéphane Hessel, martine Aubry © AFP
"Je suis indigné de voir que dans cette crise les marchés pèsent plus que la démocratie, que les politiques ne parviennent pas à dominer les marchés", a-t-il souligné lors de ce débat ouvrant les "Journées de Nantes", organisées par l'hebdomadaire.
 
"Ce qui m'indigne aussi, c'est que l'intérêt de l'argent l'emporte sur l'intérêt des gens", a-t-il déclaré, applaudi par la salle, mais aussi approuvé par Stéphane Hessel, auteur de l'essai best-seller "Indignez-vous", désormais traduit en 30 langues.
 
M. Hessel a ouvertement apporté son soutien au candidat, qu'il n'a pas hésité à comparer à Charles de Gaulle et Pierre Mendès-France, et qu'il a invité à être "radical dans les propositions", tout en plaidant pour une reparlementarisation de la République française.
 
L'ancien diplomate a ainsi entamé le débat en ordonnant à François Hollande: "Sois comme Franklin Roosevelt!", le président américain dont l'action politique avait été déterminante dans la fin de la Deuxième guerre mondiale.
 
"Il faut que les Etats prennent leur responsabilité, c'est ce qui a manqué ces derniers mois", a répondu le candidat. "L'Europe n'a pas été en capacité de réguler une crise qui était à sa portée", a-t-il regretté.
 
Stéphane Hessel a encore déclaré qu'il sentait "dans la façon de présenter les problèmes (de François Hollande, ndlr) précisément cette volonté à laquelle j'ai été particulièrement sensible, (chez) deux hommes qui ont marqué ma vie, tous les deux résolus et courageux". Ces deux hommes étaient Charlesde Gaulle et Pierre Mendès-France, a-t-il expliqué.
 
M. Hessel a invité François Hollande, s'il était élu, à se rapprocher des conceptions de la "République parlementaire" chère à Pierre Mendès-France, ancien chef du gouvernement sous la IVe République, tenant d'un chef de l'Etat simple "arbitre" au-dessus d'un "gouvernement parlementaire".
 
"Je viens d'être investi et en même temps privé de tout pouvoir", s'est alors amusé François Hollande qui a néanmoins indiqué qu'il ferait en sorte "que le parlement retrouve ses droits de contrôle, de nomination et d'initiative", en cas d'élection.
 
Stéphane Hessel s'est en outre dit "très heureux" d'avoir "senti enFrançois Hollande une prise en considération forte" des enjeux du mandat qu'il brigue, et l'a invité à ne pas fléchir.
 
"Il aura à lutter contre le désir d'apaisement, les +allons-y mollo+, +ne bousculons pas+... Il faut qu'il sache résister à ces désirs d'apaisement", a
déclaré l'ancien résistant.
 
S'adressant à ses nombreux lecteurs, M. Hessel a déclaré: "Si vous voulez que les choses changent (...) il faut que vous apportiez votre concours à des formations politiques qui peuvent changer le gouvernement et non pas simplement défiler dans la rue".
 
Et à François Hollande: "Plus vous serez radical dans les propositions que vous allez faire, plus vous aurez avec vous une quantité large de gens qui seront heureux que vous incarniez un vrai changement".


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