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La Dernière Fête, Opéra au Théâtre de Verre


Rédigé par Châteaubriant Actualités le Lundi 21 Avril 2014 à 05:05 |

Au théâtre de Verre, Châteaubriant, ce Vendredi 25 avril à 20h45

Comme la résurgence d’un monde slave disparu où la taïga, trop déserte, enneigée de son histoire, frissonnerait de voix nues égarées dans la mémoire de chants russes oubliés, où des silhouettes quasi muettes, semblant rire pourtant, danser parfois, erreraient en fantômes presque familiers, La Dernière Fête de Dirk Opstaele revit en songe les grandes pièces du théâtre de Tchekhov. Distillation onirique de Ivanov, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs, La Cerisaie, son spectacle brouille rôles et intrigues, les superpose en couches diaphanes, jusqu’à ce que les drames, les vies, semblent s’y jouer, s’y rejouer, s’y dissoudre et s’y réincarner. À l’infini.
S’inspirant librement de chœurs traditionnels, Kurt Bikkembergs a composé tout spécialement pour un chœur d’Angers Nantes Opéra a cappella et métamorphosé ainsi cette « tchekhoviade » en tableaux chantants que l’Ensemble Leporello, cocasses héritiers belges de la Comédie italienne, peuple de personnages à la touchante drôlerie, à la naïve poésie d’adultes en mal d’enfance.

« Ses souvenirs flambaient de plus en plus fort.
Il marcha longtemps dans la pièce
et les souvenirs se transformèrent en songes,
le passé se mêla, dans son imagination, à l’avenir. »
Tchekhov, La Dame au petit chien


L’œuvre foisonnante d’Anton Pavlovitch Tchekhov — plus de six cents textes publiés de 1880 à 1903 — fleurit de modernité sur le terreau d’une Russie déliquescente. Son écriture s’est nourrie de son histoire, ses parents fils de serfs, la violence d’un père religieux, la résignation d’une mère, l’enfer de la pauvreté. À ses propres tourments, jamais apaisés, Tchekhov mêle ceux de ces patients que son métier de médecin lui permet de confesser autant que de soigner, tourne en dérision les conservatismes de l’empire qui gâtent les esprits. Et quand son ami Maxime Gorki s’enflamme après Oncle Vania : « Je me suis mis à trembler d’admiration devant votre talent, et de peur pour les hommes, pour notre vie blême, misérable », il répond sans tarder : « Ma pièce n’est pas un drame, mais une comédie, et, par moments, même une farce ».

Cette farce humaine où les personnages restent confinés dans les vestiges d’un monde à l’agonie qu’ils craignent de fuir ou brûler, se retrouve dans Ivanov, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs, La Cerisaie, les cinq pièces maîtresses de Tchekhov. Un drame si profond, quasi semblable, qu’il semble se dupliquer, se poursuivre d’une œuvre à l’autre. Lorsque, à la demande d’Angers Nantes Opéra, Dirk Opstaele s’est mis à rêver d’un spectacle pour le chœur, une pièce unique, condensée, s’est donc imposée. Changeant d’histoire comme on change de costume, endossant plusieurs rôles comme les déguisements d’un même personnage, les comédiens de l’Ensemble Leporello parcourent la vingtaine d’actes de cette « tchekhoviade » au rythme des airs commandés par l’Opéra à Kurt Bikkembergs. Et tout devient musique, le chœur a cappella, les comédiens enchâssés dans ces tableaux chantants, les gestes eux-mêmes qui se répondent, se combinent, s’interfèrent, comme échappés d’une partition polyphonique.

Après Galantes Scènes, créé au printemps 2010, présenté vingt-deux fois dans les Pays de la Loire et plus d’une centaine de fois en Belgique et en France dans ses versions flamande et française, on sait le talent, iconoclaste et respectueux, de Dirk Opstaele pour réécrire, réinventer, s’approprier les classiques. Molière, Marivaux, Shakespeare et bien d’autres. Pour mieux retrouver la magie première du théâtre, ce lieu où, comme il le dit, « la vie de chacun donne la chance à des personnages du passé de revivre ». Plus que d’autres, Tchekhov permet à l’Ensemble Leporello et au chœur d’Angers Nantes Opéra d’offrir cette chance et de montrer, comme l’écrit Dirk Opstaele, que « nos espoirs et désespoirs, nos ardeurs et langueurs, nos beaux vœux et beaux feux... font partie d’un même drame, génération après génération ».


Autour de La Dernière Fête
 
Les représentations de La Dernière Fête, seront suivies d’une rencontre avec le public.
La Dernière Fête dans tous ses états
Dirk Opstaele, concepteur, adaptateur et metteur en scène de La Dernière Fête
Xavier Ribes, chef de chœur d’Angers Nantes Opéra
Pascal Terrien, musicologue
Distillation des cinq pièces maîtresses de Tchekhov, partition originale de Kurt Bikkembergs, œuvre pensée par Dirk Opstaele pour le chœur d’Angers Nantes Opéra a cappella, la création de La Dernière Fête est l’occasion d’un passionnant échange de points de vue.

Spectacle d’intervention

- Tableaux chantants - pour douze comédiens et chœur a cappella.
Conception et livret de Dirk Opstaele, librement inspirés de Ivanov, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs, La Cerisaie de Anton Pavlovitch Tchekhov (1860-1904).
Créé au Théâtre Graslin de Nantes, le 19 janvier 2014.
Direction musicale Xavier Ribes
Mise en scène et scénographie Dirk Opstaele
Costumes et accessoires Koen Onghena
Chœur d’Angers Nantes Opéra Direction Xavier Ribes
 
Ensemble Leporello
Andrea Bardos, Wim Danckaert, Charlotte Deschamps, Mieke Laureys
Gilles Le Roy, Koen Onghena, Vital Schraenen, Annelies Spanoghe
Elise Steenackers, Machteld Timmermans, André Van Leuven, Dieter Verhaegen
La musique de La Dernière Fête est une commande d’Angers Nantes Opéra et de l’Ensemble Leporello à Kurt Bikkembergs.
Coproduction Angers Nantes Opéra, Ensemble Leporello.



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