L’affaire n’est pas simple car il s’agit d’une négociation sur la base d’intérêts particuliers bien souvent divergents. Les dirigeants devront dépasser cet état de fait pour déboucher sur des objectifs crédibles et suffisamment porteurs pour enclencher un nouveau modèle de développement, sur la base de nouveaux indicateurs de richesse. Les pays du nord doivent devenir plus sobres pour permettre aux pays du sud de se développer comme ils en ont le droit. Le succès de la négociation dépendra du respect de cet équilibre, il s’agit là d’un préalable.
Ce que Bretagne Ecologie attend de ce sommet, ce sont des objectifs clairs, une volonté politique qui permette de dépasser les blocages, et des moyens déterminés pour agir localement. L’ONU a en effet analysé que 80 % des actions aujourd’hui engagées contre le dérèglement climatique le sont aux niveaux local et régional. Il faut donc que nous ayons à ces échelons les moyens de poursuivre l’effort mais de manière beaucoup plus forte si l’on veut éviter demain une gestion autoritaire de la crise climatique : raréfaction de l’énergie, de la nourriture, migration de masse et incontrôlée avec les réfugiés climatiques, risques aggravés de conflits…
A 23 jours de l’ouverture de ce sommet, Bretagne Ecologie qui travaille depuis six mois à des propositions concrètes en vue des régionales 2010, a décidé de mener une opération originale dans le cadre des journées mondiales de sensibilisation à la problématique climat. Bretagne Ecologie a accueilli symboliquement les premiers réfugiés climatiques, à Rennes, sur le canal St Martin. Des réfugiés en provenance du pôle nord sur un morceau de banquise à la dérive. Bretagne Ecologie a choisi une forme humoristique pour sensibiliser la population car nous pensons que les discours catastrophiques et moraux ne sont pas mobilisateurs. La population a parfaitement saisi les enjeux, elle fait déjà des efforts mais attend surtout de ses dirigeants qu’ils créent les conditions d’adaptation à un nouveau modèle pour préparer l’avenir sereinement et démocratiquement.
Nous aurons l’occasion de présenter plus sérieusement nos propositions d’actions à l’échelle régionale, sous la forme de forum comme nous l’avons fait avec succès à Rennes le 5 novembre dernier. Nous donnons rendez-vous aux bretonnes et aux bretons à Vannes le 1er novembre, date à laquelle nous organisons de nouvelles tables rondes participatives. Cet échange sur un projet écologique et social est programmé au Palais des Arts à partir de 20 h 30. Nous nous rendrons ensuite à Saint-Brieuc et à Carhaix où nous discuterons notamment avec le cancérologue Dominique Belpomme de la problématique santé environnement, elle aussi aggravée par le dérèglement climatique. Nous saurons aussi présents à Copenhague par l’intermédiaire de Jean-Luc Daubaire, maire adjoint de Rennes, et de Franck Guillouzouic, maire-adjoint de Questembert.
Comme quoi, en politique, on peut allier sérieux et sourire dans le cadre d’une écologie joyeuse ou, comme le disait récemment le philosophe Patrick Viveret, dans le cadre d’une sobriété heureuse. L’heure n’est plus au calcul politicien et à la conquête de parts de marché politique sur les concurrents mais bien à l’action. C’est autour d’un projet solide, écologique et solidaire, que la gauche rassemblera de manière décisive. Bretagne Ecologie porte cette conviction et espère bien convaincre les appareils politiques de gauche de la nécessité d’échanger ensemble, au-delà des chapelles et des querelles de personnes, afin de créer les conditions de la mise en place d’une région éco pionnière et solidaire. Chiche !
Daniel CUEFF
Coprésident de Bretagne Ecologie