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Que Mangerons nous demain ?


Article publié par Châteaubriant Actualités le Mercredi 13 Octobre 2010

Les agricultrices de Loire-Atlantique s’interrogent ce jeudi à la Halle de Béré à Châteaubriant sur l’alimentation de demain et les nouvelles attentes des consommateurs.



Aujourd’hui, Laurent Degré, de la ferme du bois du Parc, le petit-fils, voit de jeunes trentenaires venir acheter des légumes « anciens » que leurs parents avaient délaissés.
Aujourd’hui, Laurent Degré, de la ferme du bois du Parc, le petit-fils, voit de jeunes trentenaires venir acheter des légumes « anciens » que leurs parents avaient délaissés.
Alors que le Salon international de l’alimentation (Sial), un des plus importants événements mondiaux dans le domaine des industries agro-alimentaires, ouvre ses portes dimanche à Paris, les agricultrices, Femmes actives s'interrogent : " Que mangerons-nous demain?"

Nous vivons dans des « nations alimentaires », où la nourriture occupe une place particulière et sensible, qui ne se réduit plus à une problématique de sécurité sanitaire. Dans notre société, l’alimentation est devenue un « fait social total » qui intègre aussi bien la qualité organoleptique que nutritionnelle des aliments en passant par les modes de production de ceux-ci.

Des politiques alimentaires publiques

L’alimentation s’est aussi institutionnalisée, en témoignent les politiques publiques, tant locales qu’européennes en la matière. Par exemple : le soutien des municipalités à l’achat de denrées pour les restaurants scolaires, les directives communautaires sur la sécurité sanitaire des aliments (dit Paquet hygiène), le Livre vert de 2008 sur « la qualité des produits agricoles », la dernière « Loi de modernisation agricole » adoptée par le Parlement français en 2010 et l’actuelle campagne de communication sur les signes officiels de qualité menée en partenariat par la Chambre régionale d’agriculture et financée par le Conseil régional des Pays de la Loire.

Innovations des industries et besoins des consommateurs

« En ouvrant de nouveaux marchés, en innovant, les industries agro-alimentaires ont su entretenir d’abord, aiguiser ensuite, l’appétit de tous leurs clients, qu’il s’agisse des consommateurs finaux ou des enseignes de la distribution et de la restauration». Cette phrase, extraite du dossier de presse du Sial 2010, illustre bien la dualité de la question alimentaire aujourd’hui : répondre à la fois aux besoins physiologiques et psychologiques des consommateurs, en les nourrissant et en les surprenant par l’innovation.

Que manger demain, à quel prix, où, comment et quand ?

Cette problématique est celle que posent de leur côté les agricultrices de Loire-Atlantique, soucieuses de comprendre les finalités de leur métier et d’anticiper ses évolutions dans ses liens avec les consommateurs, soit de manière directe pour celles qui pratiquent la vente directe, soit de façon indirecte pour celles qui travaillent avec les industries agro-alimentaires.

Cette journée Femmes actives en agriculture se structure donc autour de ces deux approches : l’innovation, d’où cette question : « Que mangerons-nous demain ? », et les attentes des consommateurs.

Sociologie et économie de l’alimentation

Pour y répondre, Jean-Louis Lambert, sociologue de l’alimentation, ancien professeur de l’Énitiaa de Nantes, intervient en deux temps : le matin sur l’évolution des modes de consommation alimentaire et l’après-midi sur les nouvelles demandes des consommateurs.

Son propos est précédé par une introduction économique de Gilles Le Maignan, économiste de la Chambre d’agriculture, qui va situer les productions agricoles du département dans le contexte macro-économique actuel.

Quelles agricultures pour quels aliments ?

Cette journée est également marquée par les témoignages d’agricultrices et agriculteurs qui sont aussi des chefs d’entreprise devant assurer le devenir de leur exploitation.

La Ferme du Bois du parc de Châteaubriant. L’exploitation de la famille Degré vient de fêter son centième anniversaire en vente directe ! Sans doute le plus ancien site de vente directe encore en activité dans le département. Fondée par le grand-père, cette exploitation maraîchère vit de l’intérieur l’évolution des goûts et des demandes des consommateurs. Aujourd’hui, Laurent Degré, le petit-fils, voit de jeunes trentenaires venir acheter des légumes « anciens » que leurs parents avaient délaissés. Comme de nombreux points de vente à la ferme, celui du Bois du parc s’ouvre à des productions voisines, offrant ainsi une gamme de produits locaux allant bien au-delà des légumes.

Marie-Françoise Sourdrille, élève des vaches et des bœufs Rouge des prés, bénéficiant de l’Appellation d’origine contrôlée Maine-Anjou. Elle parle du cahier des charges de l’AOC et des pratiques d’élevage qui en découlent. Elle revient sur son expérience de journées d’animation dans les points de vente des magasins Auchan et Monoprix. Elle parle de sa confrontation directe avec les consommateurs et les
chefs des rayons boucherie des réseaux distributeurs de l’AOC. Elle souligne l’implication des éleveurs dans la mise en place de l’AOC et du suivi de cette démarche. Elle est installée à Angrie, près de Candé en Maine-et-Loire, en limite de Loire-Atlantique.

Monique Chéneau, élève des vaches laitières à Saint-Père-en-Retz, au sein d’un Groupement agricole d’exploitation en commun. Le lait de cette exploitation, analysé chaque mois, a la particularité d’être très riche en oméga 3, permettant la prévention des maladies cardiovasculaires. Ces oméga 3 sont présents naturellement dans le lait des vaches au moment du pâturage de printemps, d’où l’importance des surfaces en prairies. Aux autres périodes de l’année, les vaches reçoivent un complément alimentaire de tourteaux de graines de lin, plante naturellement très riche en oméga 3. Un groupe de cinq élevages fournit quelque 2 millions de litres de lait oméga 3 à la Laiterie Saint-Père, située sur la commune de St-Père-en-Retz et dépendant du groupe Intermarché. Ce marché est porteur et la projection pour 2011 laisse prévoir une hausse de 30 %. Une association, « Bleu-Blanc-Cœur », organise, grâce à une démarche de filière et un cadre scientifique solide, une agriculture à vocation santé. Elle souhaite réintroduire des sources végétales traditionnelles et riches en oméga 3 dans l’alimentation des animaux (herbe, lin, luzerne, lupin…), pour présenter, selon les propos de l’association : « des produits naturels, savoureux, bons pour nous et notre planète ».

Jacques Lemaitre, président de l’Institut du porc et éleveur, en association avec son épouse Jacqueline à Rougé, répond à la question : « Quel cochon pour quel consommateur ? ». Il revient sur les attentes des consommateurs sur la qualité des produits mais aussi sur celles relatives aux moyens de produire. Il rappelle que les éleveurs doivent présenter plusieurs types de cochons : ceux présentant de très bonnes aptitudes technologiques en vue de leur transformation par les salaisons, ceux répondant aux critères de labellisation ou de certification en lien avec une image de tradition, ceux répondant à la demande de produits biologiques, ceux enfin se conformant à des critères de santé du consommateur : très pauvres en gras et riche en oméga 3.

Annie Hupé, agricultrice et présidente de l’association de gestion de la cantine scolaire de Villepot. À ce titre, elle est très impliquée dans l’étude prospective menée par la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, en partenariat avec la communauté de communes du Castelbriantais sur la restauration hors domicile et les capacités des agriculteurs du secteur à répondre à la demande des opérateurs de
ces segments de consommation.

Imelda Figureau, jeune viticultrice, installée avec sa mère sur la commune de Pont-Saint-Martin. Face au marasme auquel doit faire face la viticulture nantaise, la jeune femme songe sérieusement à réorienter sa production. Tout d’abord en réduisant de 4 ha sa surface dédiée au Muscadet et en donnant plus de place à la vente directe au détriment des ventes au négoce. Pour suivre les évolutions de goût des consommateurs, elle diversifie le plus possible sa gamme, ce qui lui permet aussi de rencontrer de nouveaux clients.

Le groupe de seize agricultrices du pays d’Ancenis. Elles suivent un cycle de formation. Leur objectif : mieux comprendre le fonctionnement et les enjeux sousjacents des différentes filières de transformation et de consommation de leurs productions, tant en vente à la ferme, par l’intermédiaire des Associations de maintien de l’agriculture paysanne (Amap), par la restauration hors domicile ou par les industries agro-alimentaires comme Terrena et ses outils industriels.




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