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A l'envers, à l'endroit…


Article publié par Châteaubriant Actualités le Mercredi 16 Novembre 2016



Ce mercredi soir, huit marins du Vendée Globe naviguent dans l'hémisphère Sud et vingt-et-un dans l'hémisphère Nord (en comptant Tanguy de Lamotte qui remonte vers les Sables d'Olonne mais n'a pas abandonné). Les onze premiers, du leader Alex Thomson à Jean-Pierre Dick (11e), sont sortis du Pot au Noir et se lancent dans une course de vitesse dans les alizés. Une question est dans toutes les têtes : comment contourner au mieux l'anticyclone de Sainte-Hélène qui barre l'Atlantique Sud ? Derrière, le Pot au Noir continue à faire des misères aux poursuivants…
 
Au pointage de 15h ce mercredi, huit concurrents naviguaient dans l'hémisphère Sud. Yann Eliès est le huitième et dernier concurrent à avoir franchi l'équateur, à 14h19 (heure française). Preuve que ce huitième Vendée Globe est particulièrement rapide, Yann et ses sept prédécesseurs ont tous amélioré le précédent temps de référence détenu depuis 2004 par Jean Le Cam (en 10 jours et 11 heures et 28 minutes). Les prochains à naviguer « la tête à l'envers » seront Jean Le Cam, Thomas Ruyant et Jean-Pierre Dick.

Glisse et casse-tête météorologique
Les solitaires sortis du Pot au Noir sont sur orbite. Ils naviguent dans un alizé de Sud-Est bien établi. De belles journées de glisse sont à prévoir. Ces dernières 24 heures, le Britannique Alex Thomson a (encore) été le plus rapide avec pas moins de 423,8 milles parcourus. L'avance du skipper d'Hugo Boss sur ses deux premiers poursuivants, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) et Vincent Riou (PRB) se stabilise à une soixantaine de milles. Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Paul Meilhat (SMA) complètent un Top 5 dans lequel on trouve deux bateaux sans foils. Un peu plus en retrait, Morgan Lagravière (Safran) a gagné une place aux dépens de Jérémie Beyou (Maître CoQ).

Les prochains jours s'annoncent rapides mais il faut déjà penser à la prochaine difficulté : le contournement de l'anticyclone de Sainte-Hélène qui est actuellement positionné très au Sud… Casse-tête à prévoir.

Le peloton dans le pot de colle
Les poursuivants, de Kito de Pavant (12e) à Alan Roura (25e) se débattent encore dans un Pot au Noir qui, s'il n'est pas très actif, est beaucoup plus étendu que lors du passage des leaders. Même le très enthousiaste Kito de Pavant en a sa claque. Voici ce qu'il nous disait en vacation cet après-midi : « Cela fait déjà un moment que je suis dans le Pot au Noir et je commence à en avoir marre. Je connais bien cette zone, cela fait quelques décennies que je la traverse. Je ne m'y fais pas. Ce n'est pas un endroit où mettre des bateaux à voile ! C'est lugubre, il y a une lumière de fin du monde. Ça n'avance pas. » Ambiance… Louis Burton, Bertrand de Broc, Arnaud Boissières et la plupart des autres concurrents en deuxième partie de tableau sont eux aussi sous l'influence du Pot au Noir et progressent au gré des grains. Tout le monde a ses lièvres et les premiers ne sont pas les seuls à cravacher. Alan Roura, 25e au pointage de 15h ce mercredi, pousse fort son bateau mis à l'eau en 2000 : « Me voilà à l'attaque, encore une fois. Je ne lâcherai pas les trois bateaux qui sont devant mon étrave ! La Fabrique est très stable et glisse, elle fend la mer. Je suis en plus de ça à 110% des polaires du bateau d'à l'époque de Bernard Stamm ! »

Tous les marins dans le rythme…
Dix jours en mer, c'est à la fois long (pour le commun des mortels) et court (pour un marin du Vendée Globe). Toujours est-il que le rythme du tour du monde se met en place pour tout le monde. L'émotion du départ est passée, y compris pour ceux qui ont le plus de difficulté à la gérer. Didac Costa, Eric Bellion, Kito de Pavant, Stéphane Le Diraison – entre autres – ont confié ces derniers jours qu'ils avaient eu du mal à se mettre dedans mais que désormais, la course est bel et bien lancée ! Stéphane Le Diraison : « Les premiers jours, je n'étais pas dans le coup, pas inspiré. J'ai raté un train qu'il ne fallait pas rater, mais je n'ai pas de regrets. Les bateaux de devant sont de supers bateaux entre les mains de marins talentueux et expérimentés, qui connaissent le parcours et qui attaquent super fort. J'ai mis du temps mais ça y est je suis en phase avec le bateau. »

Passages à l'équateur :
1-Alex Thomson : 9j 07h 02'
2-Armel Le Cléac'h : 9j 09h 56' à 2h 54' du leader
3-Vincent Riou : 9j 10h 24' à 3h 22' du leader
4-Sébastien Josse : 9j 12h 01' à 4h 59' du leader
5-Paul Meilhat : 9j 12h 49' à 5h 47' du leader
6-Jérémie Beyou : 9j 16h 49' à 9h 47' du leader
7-Morgan Lagravière : 9j 17h 30' à 10h 28' du leader
8-Yann Eliès : 10j 01h 17' à 18h 15' du leader

 

Kojiro Shiraishi/Spirit of Yukoh- #Vendée Globe
Kojiro Shiraishi/Spirit of Yukoh- #Vendée Globe
Ils ont dit :

Vincent Riou (PRB) :
« Même si mon bateau n'a pas de foils, je m'attendais à ce niveau de performance, sinon je ne serais pas parti ! Les conditions des jours à venir ne me sont pas favorables car nous serons au reaching (vent de travers, ndr), une allure où les foilers sont à l'aise. Heureusement le vent ne forcit pas trop : le différentiel ne sera pas énorme mais il existera quand même. Il va falloir s'accrocher, trouver des solutions pour ne pas se faire distancer. La route est encore longue. J'attends avec impatience que la météo se décante dans l'Atlantique Sud… »

Morgan Lagravière (Safran) :
« Passer le Pot au Noir puis l'équateur avec un bateau comme Safran est une grande nouveauté pour moi. Autre nouveauté : je suis monté pour la première fois en tête de mât de mon IMOCA, seul en navigation, pour régler un souci de drisse. J'ai même du monter à quatre reprises ! C'était vraiment dur, ça partait dans tous les sens. Je m'en suis sorti avec des hématomes sur tout le corps. J'ai des bleus partout. J'avais une partie des muscles qui était tétanisée. Entre la peur et l'effort physique qu'il a fallu faire, ce n'était pas rien. »

Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt) :
« Je suis dans le Pot au Noir. Je l'ai déjà passé à trois reprises fois, deux fois en Mini 6.50 une fois en Class40, et toujours dans la douleur. J'appréhendais forcément d'y retourner en IMOCA, et cela se confirme. J'ai passé une nuit très physique. J'étais sous grand gennaker et un grain m'est arrivé dessus. J'ai dû rouler la voile dans la précipitation avec le bateau couché…
Les IMOCA ne sont vraiment pas simples ! »

Pieter Heerema (No Way Back) :
« Je passe des moments fabuleux en mer. Hier soir, c'était magique : la pleine lune à travers un ciel un peu voilé, une mer lisse et un bon vent. Le bateau filait comme une balle. Mon problème de dos s'améliore lentement, mais cela me pose encore quelques soucis. Je ressens les prémisses du Pot au Noir. J'ai déjà traversé cette zone, mais pas en course. Je ne l'aime pas du tout ! »

Didac Costa (One Planet One Ocean) :
« Je m'habitue, je prends le bon rythme et j'accorde beaucoup d'attention au bateau. Cela se passe plutôt bien pour moi : j'arrive à dormir, je mange correctement. Mais ces dernières heures n'ont pas été faciles au niveau météo. Je suis resté scotché pendants quelques heure puis le vent est rentré très fort d'un coup. Cela a altéré ma routine. »





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