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Castel Viandes, encore et toujours à la Une


Article publié par Châteaubriant Actualités le Dimanche 28 Janvier 2018

Chaque fois que la presse nationale parle de Châteaubriant, ce n'est pas pour parler de la ville la plus fleurie ou la plus sportive de l'hexagone.



Le Canard Enchainé revient cette semaine sur l'affaire Castel Viandes. Sous le titre " Barbaque Connection ", le volatile raconte le désistement de la société Viol Castel Viandes dans sa plainte intentée au lanceur d'alerte Pierre Hinard,  et s'étonne que l'affaire ne soit toujours pas jugée, plusieurs années après les faits.

Châteaubriant Actualités a réussi a se procurer la lettre adressée au Président du Tribunal de Nantes qui devait juger cette plainte le 9 janvier dernier.


Retour sur l’affaire.

En plein scandale du lait contaminé aux salmonelles chez Lactalis, on apprend un nouveau rebondissement dans une autre affaire aux similitudes troublantes :  La remballe et revente frauduleuses de viandes avariées par Castel Viandes, fournisseur de nombreuses marques et enseignes. Une affaire qui avait défrayé la chronique en 2013 et abouti à la mise en examen de l’entreprise et ses dirigeants pour "tromperie aggravée par un risque pour la santé de l'homme". Le lanceur d'alerte Pierre Hinard, qui a averti les services de l’État dès 2008 au vu de la gravité des faits et qui a fini par prévenir le public en 2014, a été poursuivi en diffamation. Curieusement, les plaintes ont été retirées la veille du procès, qui aurait dû avoir lieu le 9 janvier 2018, ce qui signifie que les dirigeants de Castel Viandes mis en examen reconnaissent que Pierre Hinard n’a rapporté que des faits exacts, ce qui est lourd de conséquences.

En 2008 Pierre Hinard, Directeur qualité de Castel Viandes, lance l’alerte auprès des Services vétérinaires : Des viandes avariées retournées par les restaurants Flunch après avoir intoxiqué des clients, ont été remballées pour être revendues. Le lanceur d’alerte est licencié le jour même, alors qu’il n’avait fait que remplir ses obligations de responsable qualité: faire respecter la loi et prévenir la mise en danger du consommateur. Il lui faudra attendre quatre ans pour que les autorités (Direction des Services Vétérinaires) lui apportent la preuve qu’il avait bien fait cette démarche d’alerte.

Ce n’est qu’en 2013 qu’une perquisition est effectuée à l’abattoir et qu’une enquête préliminaire est ouverte. Elle va aboutir à la mise en examen du dirigeant Mr Jeff Viol, PDG, de deux salariés et de l’entreprise pour mise sur le marché de produits préjudiciables à la santé, c’est-à-dire de la viande contenant des bactéries, pour tromperie aggravée sur la qualité et falsification de documents.

Fin 2014, Pierre Hinard publie « Omerta sur la viande, un témoin parle» et révèle au grand public le mécanisme des fraudes, ce qui lui vaut d’être poursuivi pour diffamation et dénonciation calomnieuse par M.et Mme Viol ainsi que par l'entreprise Castel Viandes. Le but de cette plainte est clair : faire taire le lanceur d’alerte, laisser penser aux médias et au juge d’instruction que le dossier est vide et que tout ne serait que mensonge. C’est une diversion classique et apparemment, la justice est plus prompte à instruire la diffamation que le fond du dossier au pénal puisque le procès en diffamation se tenait le 9 janvier dernier. Or, les trois plaignants se sont finalement désistés la veille.

Pourtant Mme Viol rappelait haut et fort à tous ceux qui voulaient bien l'entendre en 2013 ( cf article d’Ouest-France de mars 2013) et vidéo ici, que « l’on est peu de choses face à la calomnie». Elle mettait aussi les salariés en chômage technique une journée pour qu’ils manifestent « contre la rumeur et pour condamner les accusations calomnieuses qui menaceraient leurs emplois ».

Ce désistement est donc une première victoire pour la vérité puisqu’il signifie que les dirigeants reconnaissent que Pierre Hinard n’a rapporté que des faits certes dérangeants pour Castel Viandes, mais exacts.

En attendant, aucune date de procès n’a encore été annoncée depuis la mise en examen des responsables de Castel Viandes en juillet 2014. Même la lettre recommandée au juge d’instruction envoyée par Pierre Hinard en 2016 est restée sans réponse. Sa plainte contre les défaillances et les fautes de la DSV est aussi au point mort. Pourtant, après les scandales à répétition dans les abattoirs et les auditions parlementaires où Pierre Hinard avait été entendu comme témoin, l’État s’était engagé à plus de sévérité et de transparence. Pour Pierre Hinard et Anticor, qui le soutient, ce cas illustre les dérives d'un système. Mais alors qui protège qui dans toutes ces affaires ? Pourquoi cet immobilisme ? Quelle confiance pouvons nous avoir comme citoyens et consommateurs dans les contrôles faits par l’État ?

Il est vraiment permis de se poser la question. La mise en place dès 2010 des Directions Départementales de la Protection des populations ne semble pas avoir fait avancer les bonnes pratiques ni abouti à une meilleure protection de la population.




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