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L'Abbaye de Melleray consacrée par un livre de Christian Bouvet et d'Alain Gallicé


Rédigé par alain moreau le Dimanche 8 Juin 2008 à 13:24 |

Samedi 31 mai 2008, la présentation en l'abbaye de Melleray de l'ouvrage sur l'histoire de cette institution.
"Notre Dame de Melleray, Une abbaye cistercienne, de sa fondation à aujourd’hui "


L'abbé Gérard et les deux auteurs, Christian Bouvet et Alain Gallicé
L'abbé Gérard et les deux auteurs, Christian Bouvet et Alain Gallicé
Ses auteurs, Christian Bouvet et Alain Gallicé, historiens, ont rédigé un texte qui allie la rigueur d’analyse à la simplicité de rédaction, accessible au public le plus large. De nombreux documents sont présentés. L’illustration iconographique exploite les ressources des archives et les photographies les plus variées de l’abbaye.

80 pages, 180 documents dont 140 clichés photographiques

L’éditeur
- Depuis 2002, la société historique « Histoire et Patrimoine du Pays de Châteaubriant » a pour but de susciter et de développer l’intérêt pour l’histoire du Pays de Châteaubriant, par l’organisation de conférences, d’expositions, de sorties culturelles et par diverses publications.
- Elle édite la revue annuelle Pays de Châteaubriant – Histoire et Patrimoine, ainsi que des ouvrages sur l’histoire, le patrimoine et la mémoire du Pays de Châteaubriant.

L’ouvrage se compose de quatre parties
1 Melleray des années 1130 à 1183
- La naissance de Melleray remonte aux années 1130-1145, à l’époque de la très forte expansion des abbayes cisterciennes en France et en Europe, surtout sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux. Dès 1147, l’abbaye de Melleray est reconnue par la papauté. En 1183, l’église abbatiale est consacrée.
- Pour sa fondation et son essor immédiat, Melleray bénéficie de l’appui de seigneurs locaux dans l’orbite des seigneurs puissants de Rougé, d’Ancenis et de Châteaubriant.
- Melleray est un lieu qui exprime les idéaux cisterciens : isolement, pauvreté volontaire, travail manuel et charité. L’abbaye s’organise en une véritable cité autour de son église et de son cloître, sous l’invocation de la Vierge Marie.

2 Melleray de 1183 à 1789/1817
- Jusque vers 1250, l’abbaye reçoit de nombreuses donations, aussi bien des grandes familles que de simples chevaliers. Ce sont des terres, des maisons, mais surtout des rentes sur les péages et les marchés, et de très nombreuses dîmes. L’abbaye devient ainsi une seigneurie qui relève dans un premier temps de Châteaubriant, puis du duc de Bretagne, et enfin du roi. Elle dispose des droits féodaux classiques, dont celui de haute justice.
- Après une période de repli, de la fin du xiiie siècle à la fin xvie siècle, Melleray s’engage dans la réforme cistercienne vers 1665.
- À Melleray, les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par un formidable effort de restauration et de construction de bâtiments. On édifie notamment, autour de 1700, le corps de bâtiment oriental, avec une harmonieuse façade, ainsi que, très probablement, le logis abbatial. Puis, au milieu du XVIIIe siècle, l’aile ouest de l’abbaye, avec sa majestueuse façade achevée en 1761, est confiée à l’architecte nantais Nicolas Portail qui édifie un hôtel particulier à l’image des hôtels des armateurs nantais.
- Sous la Révolution, l’abbaye vidée de ses moines est vendue en 1795 à un armateur nantais. Celui-ci la sauve du désastre. L’église sert même d’église paroissiale de la nouvelle commune de La Meilleraye-de-Bretagne à partir de 1803.

3 Melleray de 1817 à 1914
- La communauté cistercienne de La Trappe, chassée de France, établie à la Valsainte en Suisse, trouve refuge en Angleterre en 1794. Cette communauté revient en France en 1817. Sous la protection de Louis XVIII, elle s’établit à Melleray.
- Le renouveau cistercien à Melleray est spectaculaire, sous l’impulsion de son abbé, dom Antoine. Le domaine de Melleray, à l’image d’une grande exploitation agricole et artisanale anglaise, devient un pôle pionnier dans la région. C’est alors la plus grande abbaye cistercienne en France, avec près de 200 moines, dont une moitié de Britanniques.
- Ce qui lui vaut de solides jalousies qui éclatent au lendemain de la Révolution de juillet 1830. Le régime de Louis-Philippe accuse l’abbaye, non reconnue légalement, d’être un foyer hostile. La communauté est dissoute le 24 septembre 1831 : les Britanniques sont expulsés. Ils vont bientôt fonder deux abbayes, en Irlande et en Angleterre.
- À partir de 1838, jusqu’en 1875, l’abbaye retrouve une vitalité rayonnante. Elle fonde notamment en 1848 l’importante abbaye de Gethsemani aux États-Unis.
- De 1875 à 1914, Melleray traverse les crises résultant de l’affirmation de la République laïque. C’est avant tout un grand domaine agro-industriel du Pays de Châteaubriant. Melleray est connue dans la France entière pour ses productions de graines de fleurs et de légumes, ainsi que pour ses produits à l’angélique.

4 La permanence cistercienne et l’adaptation au monde : Melleray aujourd’hui
- Les évolutions récentes de la vie socio-économique se répercutent sur la vie à l’abbaye. La vie monastique à Melleray a longtemps vécu au rythme des travaux agricoles ; la fermeture progressive de la ferme dans les années 1980 a fait place à un atelier de photocomposition, puis à un magasin, aujourd’hui principale source de revenu.
- Depuis 1945, l’abbaye est profondément restaurée. Depuis 1991, une spacieuse hôtellerie hébergeant un magasin, des salles de réunion et une trentaine de chambres, renouvelle et dynamise l’accueil spirituel à Melleray.
- Ainsi, l’abbaye de Melleray, fidèle à Notre-Dame, assure la continuité de la vie cistercienne venue en ce lieu dans les années 1130. L’église abbatiale, restaurée dans sa simplicité première, symbolise cette permanence spirituelle.
Les auteurs
- Christian Bouvet, inspecteur d'académie, spécialité histoire et géographie, ancien directeur de collections chez Hachette, est responsable des publications de la société historique Histoire et Patrimoine du Pays de Châteaubriant. Parmi ses récentes publications : Huard, Châteaubriant, 1863-1987.
- Alain Gallicé, docteur en histoire médiévale, est chercheur associé au Centre de recherches en histoire internationale et atlantique de l'université de Nantes (CRHIA). Parmi ses récentes publications : Guérande au Moyen Âge.

Vente de l’ouvrage en librairie à Châteaubriant et à l’abbaye de Melleray au prix de 15 euros.
Christian Bouvet présente l'ouvrage à plus de 70 personnes
Christian Bouvet présente l'ouvrage à plus de 70 personnes

Le renouveau cistercien à Melleray ( extraits)

1817-1830

Trois grandes raisons expliquent alors le rayonnement des trappistes. Réformés avant la Révolution, ils incarnent l’idéal monastique, ce que souligne Chateaubriand dans le Génie du Christianisme (1802), qui inspire la veine chrétienne du premier romantisme. Les trappistes, ayant défié la Révolution et Napoléon, participent à la continuité de la vie monastique. Enfin, la réussite de leur réinstallation rapide en France jette les bases du renouveau monastique.

Dans ce contexte, Melleray reprend vie. Les moines réparent et aménagent les bâtiments. On déplace l’arche d’entrée, alors flanquée de deux tourelles, datant du xiie siècle : le passage au bord de l’étang étant devenu public, dom Antoine fait rapprocher le portail de la clôture des bâtiments conventuels. Les autres premiers soins vont à l’église dont l’intérieur est transformé en 1817-1819 pour accueillir à la fois les nombreux religieux et la population de la paroisse : voûte en bois rétablie, stalles séparées et quadruplées, deux tribunes construites, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes, une sacristie ajoutée, sans oublier le décor de dix tableaux envoyés par le roi en 1820 et 1821.

En mai 1821, dom Antoine peut écrire : l’abbaye « a quasi l’air d’un palais […] ; ce qui est plus essentiel et plus important, notre monastère est nombreux et régulier : nous sommes 100 ». Français, Irlandais, Anglais, Piémontais, Suisses, Flamands, Espagnols… se côtoient. Toutes les conditions sociales sont représentées. Le rayonnement de Melleray, en France et à l’étranger, est tel qu’en 1829, la communauté est forte de 192 religieux, en dépit d’une forte mortalité due à un régime de vie très sévère.

À Melleray, la réussite tient largement à la personnalité de l’abbé Antoine. Gentilhomme ou assimilé par ses origines, prélat dans l’Église, charmeur dans les salons, dom Antoine témoigne de qualités humaines et d’organisateur reconnues par sa communauté et par tous ceux qui l’approchent.

Soucieux de son autorité, il refuse à Augustin de Lestrange le droit de paternité que celui-ci revendique sur Melleray. Dom Antoine, nommé par Rome, gouverne sa maison lui-même, selon la règle. D’ailleurs, vers 1820, diverses maisons ayant essaimé, les trappistes vivent en plusieurs familles.

Son rayonnement spirituel est tel que trois mois après la mort d’Augustin de Lestrange, en septembre 1827, le pape Léon xii nomme dom Antoine supérieur général de l’institution des cisterciens réformés trappistes en France. De décembre 1827 à novembre 1828, il visite 18 abbayes. Face aux problèmes posés par des régimes de vie différents et en particulier une trop grande rigueur, surtout pour les moniales, il prône discrètement un retour aux règlements de Rancé. Il reste supérieur général jusqu’en 1834, année où le pape Grégoire xvi réunit les abbayes trappistes dans la Congrégation des moines cisterciens de Notre-Dame de La Trappe.

Les qualités de dom Antoine, sa dignité personnelle, son expérience à la tête de Melleray devenue la plus peuplée des abbayes trappistes de France, ses excellentes relations avec l’épiscopat, sa notoriété dans le monde littéraire, ses redoutables talents épistoliers, ses brillantes relations mondaines et ses entrées à la Cour de Louis xviii puis de Charles x, participent également au rayonnement de Melleray.

Ce rayonnement tient encore au complexe agro-industriel que devient l’abbaye en dix années. Agronome averti, bien secondé par d’autres experts dont le frère Richard, ancien voisin de l’agronome anglais Coke, dom Antoine crée une grande entreprise. Poursuivant l’expérience de Lulworth, dom Antoine amplifie les tâches manuelles et il renoue avec un principe initial des cisterciens : le recours à des nombreux convers. Ainsi, s’appuie-t-il sur une main d’œuvre qualifiée, tous les corps de métier étant représentés parmi les frères convers. Cependant, le domaine n’aurait jamais pu se développer autant sans le très nombreux salariat agricole, jusqu’à 120 ouvriers en 1830.



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