Chateaubriant Actualités, Le Site d'Informations de Châteaubriant

Les Fausses Bonnes Idées en matière de Transports


Article publié par Châteaubriant Actualités le Samedi 4 Février 2012

La Fédération des Usagers des Transports (Fnaut) revient sur les fausses bonnes idées en matière de Transports



Le tram sur pneus de Nancy
Le tram sur pneus de Nancy
La FNAUT combat les idées fausses , mais aussi les fausses bonnes idées. Souvent séduisantes, ces idées à la mode provoquent des débats futiles, engendrent des pertes de temps et des gaspillages d’argent public, et détournent l’attention des vraies questions et des solutions de fond. Suivant les cas, il s’agit de gadgets, de concepts dangereux ou d’inventions aux créneaux de pertinence inexistants ou très étroits. On les rencontre dans des domaines variés que nous passons en revue. Pendant ce temps, que de bonnes idées, basées sur le bon sens et l’expérience acquise, qui restent mal exploitées ou même inexploitées en France alors qu’elles sont mises en œuvre depuis belle lurette, avec un réel succès, chez nos voisins européens !

Une “idée fausse” est une affirmation inexacte ou une erreur grossière, dont le caractère contre-productif a été bien démontré par l’expérience. Par exemple, «il faut créer des parkings en centre-ville» alors que ces parkings sont des aspirateurs de voitures toujours saturés. Ou encore : «la route est saturée, il faut l’élargir», «le fret ferroviaire est condamné», «l’auto- route va sauver la région», «le TGV ne concurrence pas la voiture», «le vélo, c’est bon pour les loisirs», «le péage urbain est inéquitable», «si le pétrole devient plus cher, il faut introduire la TIPP flottante».
Une “fausse bonne idée” est tout aussi dangereuse qu’une idée fausse mais ses effets pervers sont plus difficiles à détecter.
Elle est séduisante, elle semble intelligente (elle peut être mise en œuvre rapidement, nous dit-on, et permettra de faire des économies «substantielles»). Idée nouvelle ou soi-disant nouvelle, souvent présentée comme une solution-miracle, innovante, révolutionnaire et adaptée à tous les cas de figure, elle peut aussi ne pas être totalement fausse, il s’agit alors d’en préciser le créneau de pertinence qui se réduit parfois à une simple niche.

“Tramway sur pneus”

L’histoire des transports urbains est truffée de fausses bonnes idées lancées par des ingénieurs ou industriels et acceptées sans esprit critique par les décideurs politiques.
Exemple type : le «tramway sur pneus».
On connaissait déjà le Poma 2000, Aramis, l’aérotrain urbain... censés combler une lacune entre bus et tramway et qui avaient échoué il y a 30 ans. Mais cette fois-ci, on allait assister à une petite révolution : la qualité de service du tramway classique pour deux fois moins cher ! Les villes moyennes pourraient enfin s’offrir une technique plus performante que le bus. Et chacun - technicien ou élu en mal de modernité - de s’emballer sans plus de réflexion.
Le résultat est moins flamboyant : un fiasco cinglant à Nancy et Caen avec le TVR bricolé par Bombardier, véhicule hybride mal conçu, aussi coûteux que le tramway “sur rails”, de capacité trop limitée et souvent en panne.
A Clermont-Ferrand, c’est le matériel Translohr, mieux conçu, qui a été retenu.
Mais le Syndicat Mixte des Transports Clermontois (SMTC) fait appel à la RATP : «parce que les incidents, pannes, déraillements se multiplient sur la ligne», explique aujourd’hui Louis Virgoulay, son vice-président pourtant fervent défenseur du Translohr.
Malgré ces difficultés, c’est le Translohr qui a été choisi avec un entêtement incompréhensible par la RATP pour équiper les lignes Chatillon-Vélizy-Villacoublay et Saint-Denis - Sarcelles.
En définitive, le “tramway sur pneus” est une invention (qui date en fait du début du 20ème siècle) sans intérêt, qui aura surtout servi à gaspiller de l’argent public et à retarder l’adoption des solutions fiables : tramway, trolleybus ou BHNS suivant l’importance du trafic potentiel

“Tramway aérien”

Nouvelle solution-miracle, elle aussi présentée comme aussi performante que le tramway mais bien moins coûteuse : le transport par câble, rebaptisé récemment “tramway aérien”.
Contrairement au tramway sur pneus, le câble a son créneau de pertinence : le franchissement des coupures urbaines dues à des obstacles naturels ou, comme le funiculaire, la liaison entre une ville haute et une ville basse. Mais ce créneau est très étroit (comme celui des navettes fluviales ou portuaires) : le câble ne constitue pas une solution universelle. Il n’est adapté qu’à des itinéraires rectilignes, et ses coûts en milieu urbain sont encore largement inconnus, sans parler des difficultés d’insertion et d’accessibilité aux usagers à mobilité réduite

La gratuité des transports

La gratuité totale des transports urbains peut avoir des effets spectaculaires à court terme. Mais elle induit des déplacements inutiles, encourage l’étalement urbain et prive de ressources le système de transport au moment où la clientèle augmente et où les recettes fiscales des collectivités diminuent. Dès lors qu’une tarification sociale est offerte aux usagers à faibles revenus, la gratuité est une démarche perverse : ce qui intéresse d’abord les usagers actuels et potentiels, c’est la fréquence, la fiabilité, le confort, un meilleur maillage du territoire

Une note de l’UTP, résumée ci-dessous, confirme la position de la FNAUT.
La gratuité totale ne concerne que 14 réseaux urbains sur 287 soit 5% (2% en population). Les agglomérations desservies ont moins de 100 000 habitants ; dans 10 cas, il s’agit de réseaux de communes d’au plus 40 000 habitants.
La hausse de fréquentation est incontestable : 71% à Aubagne, 85% à Châteauroux où on est passé de 20 à 53 voyages/an/habitant (41 en moyenne dans les agglomérations de moins de 100 000 habitants). Mais elle est le fait d’anciens usagers qui utilisent davantage le réseau ou d’anciens marcheurs qui pratiquent le bus pour de courts trajets : le report modal depuis la voiture pour les trajets domicile-travail est très faible.
Pour financer les coûts d’exploitation, il faut solliciter davantage les entreprises et les contribuables. A Châteauroux, le versement transport des entreprises finance 90% des coûts, qui ont augmenté de 50%.
La gratuité ne permet pas d’absorber efficacement le rebond de fréquentation qu’elle suscite : elle peut donc à terme menacer la qualité du service rendu.
La gratuité complique la collaboration entre autorités organisatrices. A Vitré, la gratuité a été instaurée par la commune sur son seul territoire, mais la création d’une intercommunalité a conduit à la mise en place de transports scolaires payants !
Enfin la malveillance s’est développée, la relation personnel-usagers s’est dégradée. On observe de nouvelles incivilités, comme l’exigence de descendre en dehors des seuls arrêts du réseau ou de monter à tous les feux rouges.
La gratuité doit être réservée à ceux qui en ont vraiment besoin : RMIstes, chômeurs, enfants boursiers.

La montée obligatoire par la porte avant des bus

Cette obligation imposée aux usagers a pour but de lutter contre la fraude
Mais elle est impraticable sur les tramways et ralentit la progression des bus : aux arrêts très fréquentés, la montée est très lente car les usagers se bousculent à la porte avant et se répar-
tissent difficilement dans le véhicule ; il suffit d’un usager occasionnel demandant un ticket au chauffeur ou ne sachant pas composter pour bloquer la montée. L’obligation n’est viable qu’aux heures creuses ou sur les lignes peu fréquentées. A Bordeaux, on a réduit le taux de fraude de 22% à 16% entre 2003 et 2005 en passant le nombre des contrôleurs de 44 à 63.





Nouveau commentaire :

Vous avez toute possibilité d'écrire et de vous exprimer sur tout sujet vous tenant à coeur.
Vous connaissez les règles. Aucune atteinte à la personne et c'est tout. Bonne plume.


Pour nous joindre
chateaubriant@orange.fr
06 79 50 86 79




Châteaubriant Actualités édité par ADSL et A.M - Les articles et les visuels font l'objet de droits.ISSN 2257-8501.Déclaration 1143762 CNIL Sirene : 498 366 988 00026-APE : APE 5813 20Z. CPPAP ( Commissison Paritaire des Publications et Agence de Presse ) service de presse en ligne reconnu par l’État sous le n° 0617 W 92737.