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Nos enfants accusent déjà


Article publié par Anne Cesbron-Fourrier le Lundi 6 Avril 2009

Carton plein pour la soirée de clôture du 3e Festival du film de l'environnement à Châteaubriant. En présence de la productrice et du réalisateur, Béatrice et Jean-Paul Jaud, "Nos enfants nous accuseront" a attiré près de 400 personnes dimanche 5 avril 2009. Une salle n'a pas suffi…



La salle 1 du Ciné Atlantic était pleine à craquer. Pour la première fois de son histoire le cinéma castelbriantais a ouvert les portes d'une seconde salle pour une même projection. Au menu : un film sur l'aventure de Barjac, un petit village du Gard, qui a décidé d'offrir du bio à ses enfants et ses personnes âgées. Sur l'affiche du film, un sac frappé d'une tête de mort duquel sortent quelques innocents légumes. Rien de très glamour en apparence. Alors comment expliquer qu'un film qui fait des tomates et des poireaux ses seuls guest stars réalise des records d'affluence ? Le tout sans pub, voire en se faisant allègrement dégommer par la critique ? En ce premier dimanche d'avril, Jean-Paul Jaud a annoncé au public du Festival le chiffre de 180 000 entrées après 22 semaines d'exploitation. Un résultat loin d'être gagné lors de la sortie du film à en croire le réalisateur : « J'attends les preuves, mais je sais qu'en sous-main, on a tenté de détruire ce film ». Cependant, malgré les difficultés (lobbies et presse sont pointés du doigt), le succès est au rendez-vous. « Aujourd'hui ce sont 55 copies qui ont été distribuées, le public s'est emparé du film », savoure son réalisateur. « Hier soir dans un village du côté d'Aix-en-Provence, après le film, la mairie s'est engagée à passer sa cantine en bio ». Et de nous promettre avant que les lumières ne s'éteignent, « du rire, des larmes, du vrai cinéma… » La clé du succès ?

 

Nos enfants accusent déjà
Un petit coin de paradis

Une fontaine dans un village, deux bonshommes, le curé et le maire, assis sous les platanes et des enfants bras nus et halés qui avancent vers leurs aînés. Tout y est : les générations qui se respectent, la cohabitation du public et du privé, un décor provençal à souhait, l'accent qui chante… Et l'on bascule brutalement à Paris, la nuit. Une conférence à l'Unesco rassemble des scientifiques, des experts, des signataires de l'Appel de Paris (1) et des journalistes autour de constats alarmants : les hommes s'empoisonnent, massacrent leur planète, condamnent leurs enfants. Le nombre de cancers liés à la dégradation de l'environnement explose littéralement. La thèse du film : le lien alimentation-cancer n'est plus a démontrer, aujourd'hui il faut agir, vite, sauver les sols, les nappes phréatiques et les enfants. Pour combattre, pour résister, il faut convertir notre agriculture au bio, consommer bio et écouter notre conscience.

Retour à Barjac, au pied des Cévennes, où il fait bon vivre. Les écoliers cultivent leur potager, les vignes bios abritent de fragiles nids d'oiseaux, les bébés naissent à la maison, la lavande, les coquelicots colorent la campagne. Pourtant la menace plane. Les visages des adultes deviennent graves, les rires des enfants s'envolent, bientôt recouverts par le bruit des avions et sous des nuages de pesticides. Le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse mène l'enquête. Il traque les antioxydants, colorants et conservateurs, les E 200 ou 300 et autres additifs, réputés ou déclarés cancérigènes dont regorgent les confiseries et biscuits des écoliers. Un père de famille, ancien viticulteur, pleure, coupable selon lui d'avoir empoisonné son fils atteint de leucémie. Le Pr Sultan du CHU de Montpellier dénonce l'épandage sur les rizières de la Camargue voisine, responsable de contaminer le lait des mères, de le faire devenir jaune. Il pense aussi à ces enfants atteints de malformations génitales car mis au contact d'un environnement pollué par 22 produits chimiques que leur père répand sur ses pêchers. Il rappelle aussi que dans le sang du cordon ombilical de certains nouveaux-nés, on trouve désormais des traces de polluants chimiques… Il est question de services hospitaliers où meurent les enfants "trop atteints". D'une souffrance infinie, cachée.

Réveil des consciences

Alors à Barjac, le conseil municipal a tranché. La cantine est passée au bio. Désormais le métier de cuisiniers ne consistera plus à ouvrir des sacs de surgelés et des conserves. Il faudra redonner aux enfants les plaisirs de la soupe de courge, des betteraves crues râpées, des poires que l'on déguste avec la peau. Il faudra revoir les approvisionnements, la préparation des repas forcément plus longue, mais "le coût de la santé n'a pas de prix", selon Monsieur le maire, qui rappelle un de ses préceptes de gouvernance : "C'est une indication de gestion municipale : surtout ne jamais faire passer le comptable avant votre conscience".

Et quand les enfants mangent bio, comprennent la démarche, c'est tout le village qui se met au diapason. En famille on en discute, on offre un nouveau marché aux exploitants agricoles locaux, on retrouve des saveurs perdues. Et lors de la fête de fin d'année, on chante le tube écolo de Yannick Noah, "Le ciment dans les plaines coule jusqu'aux montagnes, Poison dans les fontaines, dans nos campagnes ".  Le poing levé pour les petits, les larmes aux yeux pour leurs parents.  

Anne Cesbron-Fourrier
 

(1) L’Appel de Paris visant à alerter la société sur les dangers sanitaires des pollutions chimiques a été lancé à la fin du Colloque international tenu à l’Unesco le 7 mai 2004.  
 

Pitch, chiffres-clés et bandes annonces du film "Nos enfants nous accuseront" :

www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com

A L'affiche près de chez nous : Cinémachecoul, Saint-Laurent à Blain.

Ne pas manquer : "Notre pain quotidien" (documentaire)
Sur Arte, dimanche 12 avril à 1h15.
Et sur les écrans du Cinémachecoul à Machecoul : jeudi 9 avril, dimanche 12 avril.





1.Posté par Nelly Boucherie le 01/05/2009 11:55 | Alerter
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Bonjour à tous,

Suite à la projection du film "nos enfants nous accuseront" suivi du
débat avec le réalisateur, nous sommes quelques parents
à vouloir s'organiser pour monter un groupe sur Châteaubriant afin de
proposer une cantine bio à la municipalité...
Pour cela nous pensons qu'on doit se rassembler pour être convaincant
(toutes les écoles publics et privées)

Nous invitons toutes personnes qui désirent soutenir le projet d'une
restauration collective bio à Châteaubriant ( cantine scolaire, centre
aéré et foyer restaurant) à nous envoyer un mail à notre adresse:
cantinebio@chateaubriant.homelinux.org

Merci pour votre soutien.

POUR QUE NOS ENFANTS NOUS REMERCIENT !

Nelly Boucherie

A voir avec le GAB44:
Samedi 30 Mai au Pellerin, 11h – 13h : Rencontre sur «Les clés de réussite d’un projet Restauration Collective Bio».
Vendredi 5 juin, Petit Auverné, de 16h à 19h : Point info sur la restauration collective bio

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