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Travail obligatoire des bénéficiaires du RSA : choquant, irréaliste et irrespectueux, selon Philippe Grosvalet


Article publié par Alain Moreau le Jeudi 17 Novembre 2011

Le président du Conseil général Philippe Grosvalet réagit à l’annonce de Nicolas Sarkozy.



« Le président de la République-en-campagne a annoncé aujourd’ ’hui occasion d’un déplacement électoral consacré à la « fraude sociale » l’obligation prochaine pour les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) de travailler sept heures « pour la collectivité », pendant six mois, sous peine de sanctions. Le rapprochement de ces deux idées est en soi profondément choquant. mais conforme à l'idée de cancer de l’assistanat évoqué il y a quelque temps par un ministre de M Sarkozy.

Je préfère pour ma part souligner l’irréalité d’un tel dispositif, pour autant qu’il soit un jour mis en application. C’est en effet une spécialité de la Droite que de penser des réformes reposant sur des usines à gaz et faisant appel à d’impraticables modalités, qui ne donnent jamais au final le résultat annoncé : dans ce registre, on peut citer la fin de la carte scolaire qui a achevé de ghettoïser les collèges de quartiers ; la suppression de la taxe professionnelle qui appauvrit les collectivités et endette encore plus l’Etat; la fin de la formation des professeurs des écoles qui finit par décourager les vocations.

Qu’est-il de la dernière idée du Président de la République ? Obliger les bénéficiaires du RSA à travailler 7 heures chaque semaine, cela veut dire concrètement, dans le Département de Loire-Atlantique que je préside et qui compte plus de 20 000 bénéficiaires du RSA (soit 1,5 % de la population), trouver chaque mois 560 000 heures de travail. Soit l’équivalent de 4 000 postes à temps plein ! Et dans le secteur non-marchand qui plus est.

Cette proposition farfelue revient donc à demander aux collectivités locales et associations de trouver l’équivalent de 4 000 postes. On imagine qu’il faudra commencer par identifier des besoins non-pourvus, les diviser en 7 heures, afin de les affecter. Mais qui encadrerait ces allocataires du RSA ? Des fonctionnaires uniquement missionnés pour cela ? Dans les Conseils généraux, chefs de file pour l’insertion ? Au moment où le Gouvernement met la
pression sur les collectivités pour qu’elles réduisent l’emploi public ? Ou bien des bénévoles dans les associations ? N’ont t-ils pas mieux à faire au service de leurs adhérents ? On voit bien dans quel irrespect le Gouvernement tient tout à la fois les bénéficiaires du RSA, les collectivités territoriales et leurs fonctionnaires, ainsi que les associations, qu’il veut transformer en supplétifs de sa politique de culpabilisation sociale.

Je pose d’autres questions : dans quel parcours d’insertion, de retour à l’emploi, valorisant et qualifiant pour les personnes, un tel contrat au rabais peut il prétendre
s’inscrire ? Et lorsque ces personnes seront malades, devront-elles aussi supporter des jours de carence, prélevés sur leur RSA ?

Je rappelle ce qu’ est, à Gauche, notre conception de l’insertion : depuis 2004, notre majorité départementale a fortement favorisé le retour à l’emploi des allocataires en leur faisant confiance et en leur proposant de vrais contrats d’insertion (de 26 à 35 heures), dans la durée. Elle a fait de la Loire-Atlantique un département pilote dans la mise en place du RSA, bien avant sa généralisation en juin 2009. L’an  dernier, 2 600 contrats aidés ont été financés, soit 3 fois plus qu’ 2006. Le Département n’en hésite pas à pallier les mouvements de stop-and-go de : en février dernier nous avons débloqué en urgence 500 000 € pour l'État assurer 400 contrats menacés par la baisse des crédits d’Etat.

La solidarité nationale, même à hauteur de 460 €par mois, ne doit pas conduire ses bénéficiaires à s’excuser, par le travail, d'être pauvre. Aujourd’hui, ce ne sont pas ces personnes qui sont éloignées de l'emploi mais bien l'emploi qui s'est éloigné de ces personnes. Dans notre société de consommation, la pauvreté n'est un idéal de vie pour personne.

Il est grand temps de respecter ces personnes, leurs difficultés et leurs capacités, mais aussi le travail d’insertion mené par les Conseils généraux, les travailleurs sociaux et les associations. Sans arrière pensée politicienne médiocre ni mise en cause de nos
concitoyens. »

Philippe Grosvalet




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