AgricultureLoire-Atlantique

Terres communes, un rassemblement pour que vive le bocage

Une nouvelle grande mobilisation se prépare pour les 29 et 30 septembre sur les enjeux liés à l'avenir de la zad. Terres communes, consolidation des projets paysans, batailles foncières défense des habitats collectifs, de l'approche naturaliste, construction des communs..

Terres communes, cette mobilisation prend place. Alors qu’un nouveau comité de pilotage est annoncé pour le 12 octobre. Un temps fort, sera le samedi 29 septembre à 14h depuis la ferme de Bellevue.

Ce sera le point de départ d’initiatives de solidarité.  Avec les nouvelles installations paysannes toujours menacées par des logiques d’agrandissement d’exploitations des environs. Ces dernières ayant déjà été compensée financièrement et foncièrement par ailleurs.

Le dimanche 30 septembre ont lieu des balades sur les sentiers de la zad.  Des portes-ouvertes s’organisent dans de nombreux espaces de vie et d’activité.

Terres communes-rassemblement-samedi-29-et-dimanche30-septembre-zadL’appel de Terres Communes

Dans un monde qui s’emmure, l’existence de la zad a ouvert des imaginaires aussi éclatants que tangibles. Depuis l’opération César en 2012, elle sert de point de référence. Mais aussi d’espoir à une foule de personnes qui jugeaient indispensable de construire ici et maintenant d’autres possibles. Après l’abandon de l’aéroport de Notre Dame des Landes et face à un mouvement aussi offensif que massif, le gouvernement a tout mis en œuvre pour se venger et mettre un point final à des années d’expérimentations collectives insolentes. Une série d’attaques militaires, administratives, politiques et judiciaires ont amputé une partie de la zad et fragilisé son assise. Et ce malgré les formes de résistance qui se sont trouvées sur ces différents terrains. La signature, en juin, d’un lot de conventions sur les terres occupées a néanmoins marqué une forme de cessez-le-feu et le maintien d’un ensemble de lieux de vie et de projets.

Pourtant, le statu quo actuel est précaire : la zad est toujours en lutte pour son avenir.

Début octobre, un nouveau comité de pilotage va décider de la suite à donner aux conventions d’occupation. Il va formuler des orientations pour les années qui suivent face à ce qui s’est construit de singulier ici. Le rapport aux communs, au soin du bocage, aux habitats, aux formes de production agricole et d’activités non-agricoles.

C’est à ce moment que va être statuée la consolidation de l’emprise foncière des différents projets nés du mouvement ou sa remise en question. Ce qui se décidera dans des bureaux dépendra comme toujours de la présence d’un mouvement vibrant et actif à l’extérieur.

C’est ce mouvement qui fera la réalité de ce qui continuera à se vivre sur le terrain face aux cadres institutionnels. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées régulièrement. Et ce pendant des années sur la base d’un enjeu aussi clair que binaire. Il y aurait ou pas un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La zad serait expulsée et le bocage détruit ou pas. Dorénavant, la menace persiste. Mais n’avance plus sous la forme d’un bloc de béton uniforme prêt à s’écraser brutalement sur nous. Le sens de la lutte se recompose et pourrait paraître offrir moins de prises directes. Cependant, tout autant que par le passé, le sort de ce précieux pan de bocage requiert la convergence de forces multiples.

Aujourd’hui comme hier, ce qui va rester, se renforcer ou disparaître touche à des questions qui nous dépassent. Qui infusent dans d’autres combats ailleurs dans le monde.

Lutte paysanne et accès collectif à la terre

Dans les semaines qui précèdent le comité de pilotage, il nous faudra mener campagne pour assurer la stabilisation des conventions. Sous des formes moins précaires et faire en sorte qu’aucun des projets ne soit laissé de côté. Nous aurons à défendre à ce titre l’existence d’une paysannerie solidaire. Un paysannerie protectrice du bocage et vivrière face aux critères et normes d’une agriculture gangrenée par le productivisme.

Le maintien des activités agricoles mises en œuvre par celles et ceux qui ont protégé le bocage est toujours menacé. Certaines parcelles – à Saint-Jean-du-Tertre ou à la Noë Verte par exemple – sont en effet aujourd’hui revendiquées par les agriculteurs ayant accepté de les céder pour le projet d’aéroport.  Et qui touchent des compensations financières tout en retrouvant des terres à l’extérieur. De manière générale, nous devons continuer à nous mobiliser pour que les terres préservées aillent à de nouvelles installations.  Et non à l’agrandissement d’exploitations existantes.

Pour une pratique des communs

Parmi ce que l’histoire de la zad offre  de plus précieux, il y a le développement d’une pratique des communs. Et la possibilité de prise en charge collective d’un territoire par ses usagers réels sans subir de plans d’aménagement parachutés. C’est en ce sens que nous devrons sauvegarder cet automne l’usage actuel et partagé de la forêt de Rohanne. Ainsi que d’autres espaces boisés. Leur enrichissement tout comme les activités liées au bois d’œuvre pour les projet de la zad. Face au modèle entrepreneurial individualiste et libéral imposé par le pouvoir, nous maintiendrons plus largement la construction d’entités collectives reliées aux assemblées de territoire. Structures coopératives sur l’usage ou fonds facilitant l’accès commun à la terre…

Combat pour les habitants

Alors que, de région en région, de nouvelles manières d’habiter se cherchent, les vagues d’expulsion du printemps ont écrasé une partie de la richesse unique du territoire de la zad en terme d’architecture autonome et expérimentale. Certains des habitats légers préservés pourraient être de nouveau menacés dans les mois à venir. Le Plan Local d’Urbanisme lié à la zad est en cours d’élaboration. Un autre des combats de la rentrée sera lié au maintien de la possibilité de bâtis inventifs et auto-construits.

Soin du bocage

Des années de vie dédiées aussi fortement à la défense d’une portion de terre humide ont décalé les regards. Elles  suscitent une attention nouvelle au soin du monde. Et notamment à ce qui relie quotidiennement les formes d’existences humaines et non-humaines. Elle a fait naître des manières de vivre et de cultiver qui ont la particularité rare de ne pas dégrader perpétuellement leur environnement. Cet automne, un diagnostic agro-environnemental va statuer sur les cadres de production préconisés officiellement sur ce territoire. Il nous faut veiller à ce que la sensibilité naturaliste résistante qui s’est épanouie ici ne se voit pas balayée par un retour à des formes d’agriculture classiques, incompatibles avec la préservation réelle de ce maillage bocager resserré, de ses haies, de ses tritons et de sa diversité.

Terres communes, Terres de résistance

Ces terres ont été sauvées en devenant carrefour des luttes. Elles doivent aussi continuer à en être un des greniers. C’est l’objectif dans lequel se développent entre autres le réseau de ravitaillement. Les cantines présentes auprès des grévistes ou migrant.e.s dans le pays nantais. Les infrastructures d’accueil et de formation. Dans cet esprit nous voulons aussi continuer à aller à la rencontre d’habitant.e.s de quartier populaires ou d’autres territoires en lutte contre des projets destructeurs.

 

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