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Châteaubriant : Un musée virtuel pour quoi faire ?

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Châteaubriant : Un musée virtuel pour quoi faire ? La ville accueille une Micro Folie de la Villette. Un projet qui devait à l’origine être « un projet conçu pour et avec les habitants ». À Châteaubriant les élus n’ont pas encore bien assimilé le terme de démocratie.

Une tempête dans un bénitier

À Châteaubriant, la chapelle de l’Hôpital fut édifiée au cours de la première moitié du 19e siècle. Plus précisément, la première pierre y fut posée le 9 octobre 1819. Ceci est un fait incontestable. Sur la dalle de schiste on peut lire en lettres gravées :  « L’AN 1819 Le 9 Octobre Louis 18 Roi à été posée la première pierre de cet édifice en présence de M. Barrésou sous-préfet Connesson Maire, Mr lessard Curé. Gautron & Guibourd adjoints. Besnier trésorier de l’hospice & M DE Guesnier Villeruau de l’ordre de St Thomas supérieure. Mr Lafond architecte. »

La ville de Châteaubriant achète l’édifice en mars 2009 pour 36 500 €. À l’époque, Mme Catherine Ciron explique à la presse que ce lieu sera dédié aux associations qui en font la demande. De son coté, Alain Hunault, qui était déjà maire (!) promet à l’association Saint-Patern_ association dont le but est le recensement, la préservation et la mise en valeur du petit patrimoine religieux_que le lieu serait naturellement l’écrin idéal pour présenter de façon permanente les trésors que St Patern restaure. Puis Catherine Ciron promet le lieu à tel ou telle artiste plasticien, ou à qui veut bien l’entendre. De toutes les façons « ce sera un lieu vivant. »

Châteaubriant, championne du monde de la subvention

S’il est un domaine où la ville de Châteaubriant emporte haut la main tous les records sportifs, c’est la demande de subvention. Si celle-ci était inscrite comme épreuve aux Jeux Olympiques, c’est une moisson de médailles d’or que l’on ramènerait tous les quatre ans. Il n’existe pas une seule aide de l’État que les services d’Alain Hunault n’ait sollicitée. À Châteaubriant on ne construit pas un équipement pour répondre à un besoin de la population, non. On bâtit un projet en fonction du « Fléchage » des subventions. Dans les bureaux feutrés du pouvoir local, on joue au Monopoly. Et le projet qui sera les plus soutenu par les fonds publics, c’est à dire l’argent du contribuable, l’emporte. À ce jeu dangereux, l’usager est toujours lésé.

Microfolie, quand tu nous tiens

Au ministère de la Culture, un appel à projets est lancé dans le cadre du plan de relance pour accompagner l’essaimage des Micro Folies sur tout le territoire des Pays de la Loire. Les frais pris en charge couvrent l’acquisition des équipements, l’aménagement éventuel des locaux et l’animation du dispositif les premières années. Une micro-folie est un équipement qui propose des contenus culturels ludiques et technologiques, notamment autour d’un musée numérique réunissant plusieurs milliers d’œuvres, des plus emblématiques aux moins connues.

Pour qui et pour quelles dépenses ? Cet appel à projets se destine aux collectivités territoriales, mais également aux syndicats mixtes, fondations et associations de droit privé. Les dépenses couvertes par l’appel à projets porteront notamment sur l’acquisition d’équipements et l’aménagement des locaux, dans la limite de 80% des dépenses d’investissement. En terme de fonctionnement, les porteurs de projets pourront également solliciter le recours à un jeune en service civique pour animer le dispositif.

Pour le tandem Alain Hunault-Catherine Ciron, on saisit l’effet d’aubaine et on tente le coup de poker auprès de la DRAC. On fait croire que la chapelle de l’hôpital date du 17e siècle. Cela permettrait de déclencher une autre aide pour la restauration du bâtiment. Pour ce faire, rentre en jeu l’historien local, Christian Bouvet qui soutient mordicus que ce lieu désacralisé date bien du XVIIe. Et ce malgré la dalle de schiste attestant de la date réelle de construction. Mais on ne gagne pas à tous les coups. Et les services du Ministère de la Culture en région s’aperçoivent de la supercherie. On ne va pas donner deux fois. Game Over !

Un musée virtuel, quelle utilité ?

Aujourd’hui, on peut sans sortir de chez soi, visiter des dizaines de musées mondiaux sur l’écran de son salon. On surfe de sa tablette ou de son ordinateur de bureau. Et ce totalement gratuitement. Google n’a pas attendu Catherine Ciron pour lancer, dès 2009, la visite virtuelle du musée du château de Versailles. Il fut le premier musée français à rejoindre le Google Art Project pour permettre la diffusion de ses œuvres et de son architecture au plus grand nombre.

On peut aisément en deux clics de souris, se retrouver à son rythme au British Muséum, au Musée d’Orsay, à New-York au Métropolitan Museum of Art. Mais on accède également à l’ensemble des musées parisiens. Tout comme on plonge en immersion totale dans la grotte Chauvet ou celle de Lascaux, sites proposés directement par le Ministère de la Culture.

Le confinement a changé bien des habitudes. La population a augmenté son taux d’équipement informatique et audiovisuel à domicile. Tranquillement, de chez lui, le visiteur visionne en réalité virtuelle, les trésors des musées mondiaux. Sans contrainte horaire ou sanitaire, il arrive dans l’univers des artistes de toutes les époques, de tous les pays.

Au musée virtuel de Châteaubriant, présenter des artistes pour la plupart disparus depuis plusieurs siècles ne présente pas de risque politique. C’est une valeur sûre. Les élus locaux ne risquent pas de voir l’artiste contester ce que l’on dit de lui ou ce que l’on fait de ses œuvres. Exposer un artiste vivant, c’est plus compliqué.

Beaucoup d’argent qui aurait pu servir intelligemment à la Culture à Châteaubriant

Outre les 989 000 € de travaux, il y aura l’équipement intérieur et le dépassement du budget initial. Cela fait cher le mètre carré de culture imposée. C’est toujours avec l’argent du contribuable. Et il est faux d’annoncer que cela ne coute rien.

Rapidement après l’ouverture, on nous citera des chiffres impressionnants de fréquentation. On obligera pour cela les scolaires à visiter le musée virtuel. Et alors ? Quelle place à Châteaubriant pour les artistes plasticiens ? Quelle aide financière concrète pour l’Art vivant ? C’est pour quand un vrai lieu d’exposition digne de ce nom ?

À 15 km de Châteaubriant, Pouancé a transformé un ancien atelier textile en lieu vivant au service de l’Art. À l’Atelier Legault, les visiteurs rencontrent l’artiste. C’est l’exemple positif dont Châteaubriant ferait bien de s’inspirer. À Pouancé, on rémunèrent les artistes. Mais avant tout, elles et ils sont reconnus.

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