Jacques Auxiette, pas content des offres Low Cost de la SNCF

Par @actu44, le samedi 6 avril 2019 — 3 minutes de lecture

La SNCF devra en tout cas assumer le manque à gagner.

« Je ne suis pas contre le développement des nouvelles offres de transport en France, qui plus est, à prix abordable » indique Jacques Auxiette, président de la Région des Pays de la Loire, en découvrant les annonces faites par Guillaume Pépy, pdg de SNCF. «Mais, il faut que la SNCF sache, et je m’y emploie dès aujourd’hui, que cela ne se fera pas avec l’aide des subventionnements régionaux. Elle devra assumer la totalité du manque à gagner financier pour les TER régionaux. J’engage immédiatement pour les Pays de la Loire les procédures pré-contentieuses prévues dans la convention Région/SNCF, et ce d’autant que notre Région a été « choisie » par SNCF pour commencer à déployer leur réseau OUIBus, sans concertation ni argument fondé. Par ailleurs, je regrette fondamentalement que la SNCF préfère une diversification à tous crins aux nécessaires efforts de performance économique et industrielle qu’il conviendrait d’engager si l’on veut sauver le modèle ferroviaire français. »

Le Président de la Commission des transports de l’ARF (Association des Régions de France), membre du Conseil de surveillance de SNCF depuis juillet dernier en vient ainsi à s’interroger :

« De là à penser que le train n’est plus la priorité de la SNCF, il n’y a plus qu’un pas ».

Concrètement en Pays de la Loire, 2 lignes TER majeures sont directement impactées par les bus et les TGV low cost dans le cadre de la concurrence créée par SNCF elle-même : Nantes / Le Mans (près de 3,7 millions de voyages par an et Le Mans/Rennes (1,1 million de voyages par an). Pour Jacques Auxiette,

« plutôt que d’améliorer sa performance industrielle qui est un véritable enjeu, la SNCF s’engage à développer le low cost et le car, forcée sans doute par la loi Macron. Ces nouveaux services aux usagers qu’elle propose de développer se fait indirectement avec l’aide de la Région qui prend en charge une lourde part du risque commercial subi par les TER, selon les termes de la convention TER (40 %) : est-ce la contribution annuelle des Régions qui lui permet d’envisager des tarifs aussi bas, en dehors de toute réalité économique ? ».

Parfaitement initiée sur l’état du transport en France, et utilisant sa position dominante, la SNCF a pris ces décisions sans concertation préalable avec les Régions, autorités organisatrices des transports, et sans aucune information en amont : dans ces conditions, la Région des Pays de la Loire demande à la SNCF de supporter seule l’intégralité du risque commercial. Jusqu’ici, SNCF et Région se partageaient près de la moitié des risques.

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