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La Chambre d’Isabella sur la scène du Grand T

Sur la scène du Grand T, les 26, 27 et 28 septembre. Avec son plateau traversé par des chants, danses et histoires entrelacés, avec la joie contagieuse qui émane du récit pourtant mélancolique d’Isabella, la pièce de Jan Lauwers, figure phare de la danse flamande des années 2000, a marqué toute une génération d’artistes et de spectateurs.

La Chambre d’Isabella, un spectacle de Jan Lauwers et Needcompany sur la scène du Grand T à Nantes.

Attention, œuvre de référence.

Aveugle et vieille, Isabella vit dans la chambre claire où vivait son père, un prince du désert lui disait-on. Là où trônent les objets ethnographiques qu’il collectionnait, elle découvre le secret de sa naissance. Jan Lauwers écrit ce conte mélancolique à la mort de son père et lègue à Isabella une joie tenace. Ou bien est-ce à Viviane De Muynck, qui l’incarne ? Il faut voir comme l’immense actrice, maîtresse de cette liesse théâtrale musicale, chorégraphique et plastique, mène le jeu. Au-delà des mots et de la mort, un désir de vie cheville au corps, les neuf épatants interprètes parlent, dansent et chantent inlassablement une ballade tout simplement éblouissante.

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La Chambre d’Isabella au Grand T les 26, 27 et 28 septembre © Eveline Vanassche
La chambre d’Isabella renferme un secret.

Elle est le lieu d’un mensonge. Elle est le lieu du mensonge qui domine la vie d’Isabella. Ce mensonge est une image. Une image exotique. L’image d’un prince du désert. Isabella est la fille d’un prince du désert qui a disparu lors d’une expédition. A première vue,  c’est ce que lui ont raconté ses parents adoptifs, Arthur et Anna. Ils vivent ensemble dans un phare, sur une île, où Arthur est gardien de phare. Tout comme l’île, le phare est un lieu intermédiaire : quelque part entre terre et mer, entre solide et liquide, entre intérieur et extérieur. Le phare est bâti sur la terre, mais son désir est la mer. Le désir d’Isabella, c’est le désert, le prince du désert, l’Afrique.

C’est ainsi que commence le récit de la vie d’Isabella, qui est vieille et aveugle. Rapidement, pourtant, il s’avère que derrière l’histoire du prince du désert se cache une vérité terrible, indicible. Tandis qu’ Anna et Arthur sont incapables d’affronter leurs secrets et se réfugient dans l’alcool. Anna meurt, et Arthur se jette à la mer. La quête d’Isabella pour retrouver son père, le prince du désert, la mène non pas en Afrique, mais dans une chambre à Paris, remplie d’objets anthropologiques et ethnologiques.

Lorsque Isabella passe sa vie en revue, elle est vieille et aveugle.

Elle vit dans sa petite chambre à Paris, entourée de ces milliers d’objets exotiques de l’Égypte ancienne et d’Afrique noire. Ils appartenaient au père de Jan Lauwers, qui les a laissés, après sa mort, à sa femme et ses enfants. Ce sont des objets qui ont été arrachés à leur contexte culturel par un regard d’un autre temps – un regard colonial et exotisant. Ce sont des objets dans lesquels un monde – l’Afrique – s’est arrêté, pétrifié, mis de côté, muséifié et fétichisé. La vie d’Isabella s’étend presque sur l’entièreté du vingtième siècle. A partir de la Première et la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima, le colonialisme, en passant par le développement de l’art contemporain, avec Joyce, Picasso et Huelsenbeck, les voyages sur la lune, Ziggy Stardust de David Bowie, jusqu’à la famine en Afrique et au Vlaams Blok [un parti politique d’extrême-droite] à Anvers.

Production : Needcompany
Coproduction : Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville Paris, Théâtre Garonne Toulouse, La Rose des Vents Scène nationale de Villeneuve d’Ascq, Brooklyn Academy of Music New York, Welt in basel theaterfestival
Avec la collaboration du Kaaitheater Bruxelles
Avec le soutien des autorités flamandes

Le Grand T

Mercredi 26 Septembre 2018 – 20:00
Jeudi 27 Septembre 2018 – 20:00
Vendredi 28 Septembre 2018 – 20:30

Nouveau : garderie éphémère le Vendredi 28 Septembre

2h/ Tarif A

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