Viol et meurtre de l’adolescente : le suspect mis en examen

Par Alain Moreau, le samedi 29 août 2020, mis à jour le lundi 31 août 2020 — François Vergniaud, Nantes, Pascal Gontier, Yvon Ollivier — 4 minutes de lecture
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Viol et meurtre de l’adolescente : le suspect mis en examen des chefs d’homicide volontaire, de viol en récidive et de destruction volontaire par incendie en récidive légale.

A 19h, ce samedi, l’homme, en garde à vue depuis jeudi 27 aout, était écroué. François Vergniaud, 46 ans, multirécidiviste, condamné en 2005 par les assises de la Vienne, pour 17 viols et agressions sexuelles. Il sortait de prison en février 2016.

Jeudi 20 août, les pompiers interviennent pour circonscrire un incendie dans un bâtiment situé dans une cour au 3, de la rue Aldolphe Moitié. Ils découvrent, le corps d’une jeune fille sans vie.

La victime, une jeune fille de 15 ans et demi, habitait le quartier. Elle était sortie vers 16h pour chercher un colis. Elle ne reviendra pas au domicile. Un homme, son assassin, l’a choisie comme victime.

Cet après-midi, Yvon Ollivier, procureur adjoint au TGI de Nantes revenait sur les faits lors d’un conférence de presse. Pascal Gontier, directeur interrégional adjoint de la police judiciaire de Rennes l’accompagnait.

« L’autopsie est formelle. La mineure est morte d’un syndrome asphyxique qui peut être lié à un étouffement sur la bouche ou par strangulation. On a retrouvé une trace, une lésion sur le cou évocatrice d’une strangulation. L’autopsie a mis en évidence des stigmates de violences sexuelles. La mineure a été pénétrée vaginalement de manière violente. La police technique a fait un gros travail. On a retrouvé de l’ADN,  et notamment un ADN masculin sous les ongles de la victime. »

L’enquête de voisinage a porté ses fruits

La police judiciaire œuvrait rapidement, grâce à l’enquête de voisinage. « On a appris qu’un individu un peu curieux avait été vu faire plusieurs allers-retours entre l’immeuble des faits et un véhicule. Que ce véhicule avait été verbalisé pour stationnement irrégulier. Et donc l’enquête identifiait le propriétaire et il s’est avéré que nous avions affaire à un individu déjà condamné pour des faits viols. Donc l’enquête a été grandement accélérée. Le Parquet a demandé à la police judiciaire d’aller rapidement  chercher l’individu.

Jeudi dernier, [27 août NDLR] l’homme était mis en garde à vue vers 16h. Et vers 23 h, il reconnaissait l’intégralité des faits. C’est à dire, le viol de la jeune fille, l’homicide volontaire et la destruction volontaire du bien d’autrui par incendie pour effacer toutes les traces. »

Le Mode opératoire

« L’auteur a eut l’occasion de s’expliquer sur son mode opératoire», poursuit le procureur adjoint : « Il nous a dit clairement être venu à Nantes ce jour là pour chercher un logement désaffecté pour pouvoir passer à l’acte. C’est ce qu’il a fait rue Moitié. Il est ensuite descendu, il a cherché une victime. Il a réussi à la faire monter dans l’immeuble avec un stratagème. Et là, il l’a agressée, il l’a conduite au deuxième étage, il l’a violée à cet endroit là. Et puis, pour la faire taire, il lui a mis un câble en plastique pour lui serrer le cou pour qu’elle ne bouge plus.

Ensuite, il reconnaît avoir cherché à mettre le feu dans le bâtiment.»

Rue Adolphe Moitié, un simple bouquet de fleurs © Alain Moreau

Un lourd passé

On à affaire à un individu qui a 46 ans aujourd’hui même. Condamné en 2005, à Poitiers, à une lourde peine de 18 ans de réclusion criminelle, pour des faits de viols d’un grand nombre de jeunes filles, 17 faits au total . Et  libéré en février 2016. Parallèlement, il avait l’obligation d’un suivi socio-judiciaire sur une période de dix ans. Il s’avère que l’intéressé respectait l’ensemble des obligations : Travail, interdiction de posséder une arme, obligation d’indemniser ses victimes et injonction de soins.

« Dans ce dossier, on a affaire à quelqu’un qui offre une figure tout à fait lisse. De quelqu’un qui respecte toutes les obligations mises à sa charge….. Et pourtant cela n’a pas suffit à prévenir la récidive légale…C’est un échec pour la société. »

Ce dimanche 30 août le Ministère diligente une enquête sur le suivi socio-judiciaire de l’inculpé.